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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Vous êtes là depuis peu, mais suffisamment longtemps pour nous mettre hors de nous !  Que vous importe que je parle avec ma cousine, puisque la plupart du temps, vous êtes absente du foyer conjugal ! Je suis libre de mes mouvements, comme vous l’êtes des vôtres pratiquement toute l’année. Vous n'avez rien à redire ! Assumez votre rôle de femme mariée, et ensuite, vous aurez le droit, concernant mes allées et venues, à la parole !

    Est-ce que vous me tenez au courant de vos badinages au milieu de votre cour masculine dont vous aimez la compagnie ! A chacun sa vie ! C’est vous qui l’avez voulu ainsi, il me semble ! Continuez donc de vous occuper de vos affaires et arrêtez vos sarcasmes qui ne servent à rien ! Vous n’êtes vraiment pas vivable et je remercie le ciel que vous ne soyez pas à Aigue-blanche toute l’année !

    — Mais... mon ami ! Qu'ai-je dit ou fait qui vous indispose ainsi à mon égard ?

    — Vous en avez fais assez pour cet après-midi, vous dis-je !

    Ne sachant plus que répondre, Ludivine esquissa un sourire suave, un peu puérile... usourire d’innocence feint que William ne connaissait que trop.  

    Qu'elle hypocrite cette Ludivine ! Pensa Isabelle en observant son cousin hors de lui serrer encore une fois les dents pour ne pas s’étendre plus avant sur cette comédie de mariage dévoilée devant sa cousine. Ses yeux devinrent d'un indescriptible noir sombre et brûlant. Avec ses insinuations, Ludivine le mettait hors de lui. Il n'arrivait plus à se contenir ; mais il fallait qu’il garde son calme pour ne lui donner aucune emprise sur la façon dont il menait sa vie. Il se devait de la laisser parler dans le vide, et faire le moins possible attention à ses incessants caquetages sans importance ?

    Au revoir, ma chère Isabelle. Fit William en baisant la main qu’elle lui tendait. Son baiser se fit langoureux tout exprès, sachant l’effet que ce geste ferait sur sa femme.

    Comme il le prévoyait, cela agaça fortement Ludivine qui ne voulu pas le montrer. William qui la connaissait suffisamment malgré ses absences plus que répétées, n’en attendait pas moins.

    Vous êtes venue en voiture cher ami ? Demanda t-elle pour faire diversion.

    Non ! Que vous importe ?!

    Eh bien ! J’ai la mienne. Nous pouvons partir ensemble !

    Merci, mais j'ai ma bicyclette.

    Comme vous voudrez... Chère Isabelle ! Restez telle que vous êtes et ne vous mariez pas. Qu’y a-t-il de plus capricieux que les hommes !

    Vous ! Lança Isabelle.

    Vous aimez plaisanter à ce que je voie ; mais je ne vous en tiens pas rigueur.

    Ludivine avait pris un ton plaintif et rieur à la fois pour se faire plaindre. Sa main saisit celle de la jeune comtesse, et la pressa longuement comme-ci elle voulait lui témoigner une toute récente sympathie. Elle ajouta :

    A bientôt ! Nous nous verrons plus souvent maintenant que je passerai une partie de mes journées à Monteuroux.

    Sur ces paroles qui se voulaient avenantes, elle s’en alla vers la cour suivie du petit Thierry ; mais sur le seuil, elle se retourna, jeta un regard vers la svelte jeune fille debout près de la baie. 

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