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    Mais j'en garde des souvenirs qui, jamais, ne s'effaceront pas de ma mémoire.

    Isabelle avait su capter l’attention de son auditoire par ses connaissances historiques concernant cette fontaine qu’elle aimait tout particulièrement. Leurs impressions ressenties les faisaient s’animer de plaisir en se remémorant toutes ces belles villes et leurs beaux monuments qu’il était important d’avoir vu au moins une fois dans sa vie. La jeune comtesse retrouvait le William qu’elle appréciait tant. Il avait ce beau visage volontaire qui se couvrait si facilement d’un masque de froideur lorsqu’il ressentait cette souffrance indescriptible dont sa femme était la cause. Ce mal-être était le reflet d’une torture secrète qui lui faisait, à certains moments, soupçonner le foyer inconnu d’une douleur profondément ancrée dans l’âme de son cousin. Parfois, revenait sur ses lèvres ce sourire qui donnait à ce visage un charme si prenant quand l’ironie en était absente. Et cela n’était pas si souvent. Il n’y avait pas tellement d’écarts entre eux. William n’avait que vingt-sept ans. Mais ce mariage l’avait mûrit trop vite et rendu sombre. Aujourd’hui, Isabelle décelait en lui quelque chose qui semblait forcé. Elle sentait également en Juliette ce même malaise qui causait cette moue, et qui ne s’était pas tout à fait effacée de son joli visage.

    Tous semblaient absorbés dans des réflexions moroses et toutes intérieures. Ainsi, avant même d’être là, Ludivine, la pestetroublait la paix de ces trois êtres au cœur sincère.

    Ce fut le dimanche suivant, en arrivant à Aigue-blanche pour y déjeuner comme elle en avait l’habitude chaque semaine, que Isabelle revit la jeune comtesse de Rubens-Gortzinski qui s’était ravisée concernant la date de son arrivée afin de surprendre les activités de son mari et de sa cousine, sachant qu’elle était là depuis le début du printemps. Ludivine se prélassait dans le jardin, devant les fenêtres du salon. Thierry, debout près d’elle, appuyait sa tête brune sur ses genoux. Elle caressait les boucles du petit garçon tout en suivant d’un regard attentif et sans avoir l’air de rien, les mouvements des habitants du manoir réunis dans le salon, qui accueillaient Isabelle et Adélaïde. Enfin elle se leva et vint jusqu’à la porte-fenêtre. Sa voix douce, et musicale, dit gaiement :

    — Bonjour, Isabelle !

    Puis elle dévisagea rapidement, furtivement, la jeune femme qui se tenait devant elle. Ses lèvres eurent une torsion légère. Isabelle, qui souriait quelques secondes plus tôt, en parlant à Juliette, avaient maintenant la physionomie glacée, ce qui était un réflexe de défense qu'elle avait souvent affiché autrefois, devant sa belle-mère. Ludivine dit avec un regard câlin :

    — Je suis très contente que vous soyez à Monteuroux. J’avais très envie de vous revoir.

    — Vous n’avez cependant pas tant de raisons de vous réjouir de ma présence ici, puisque d’ailleurs, nos contacts, avant mon départ, ne furent pas si nombreux.

    La riposte froide et railleuse, partait toute seule des lèvres d’Isabelle. Vraiment, quelle singulière personne cette Ludivine qui excitait en elle tant des sentiments irritants dès qu’elle lui parlait. En se penchant vers le passé, cela n’avait changé en rien...

    Ludivine rit doucement.

    — Oh ! C’est oublié, cela ! Vous n’êtes plus, je l’espère, la fillette pas très agréable de ce temps-là ? 

    Piquée au vif, Isabelle rétorqua avec un sourire tout aussi mielleux que celui de son interlocutrice :

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