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     Si elle prenait le risque de lui confier ce secret si lourd à porter seule, et si elle lui confiait le soins de protéger ces joyaux, de les considérer comme son bien au cas où sa mort interviendrait prématurément, ce n'était pas faisable non plus. Son souci était qu’après William, ce serait le fils de Ludivine qui en hériterait si les  deux femmes lui laissait le temps d’en jouir, car la mère et la grand-mère du petit Thierry, bien avant qu’il ait atteint sa majorité, cupides comme elles l'étaient toutes les deux, elles s’empresseraient de dépenser cette fortune trop longtemps convoitée, en futilités. En poussant encore plus loin dans son raisonnement, Isabelle se dit que, dès que les joyaux seraient en possession de William, la machiavélique d'Argenson ferait, avec l’aide de sa fille, en sorte qu’il soit victime d’un accident de voiture ou d’un empoisonnement bien dissimulé… Si sa belle-mère était, d’après Victoria, si venimeuse, elle serait bien capable, pour arriver à ses fins, d’en arriver à l’acte ultime qui serait d'assassiner le détenteur des joyaux hindoue lui ayant été confié ? Il risquait d'y avoir là, une trahison vis à vis des dernières volontés de son aïeule. Il lui fallait trouver autre chose. Presque machinalement, elle traçait sur le papier des contours qui se transformaient en des chauves-souris volantes parmi les arbres aux formes fantasmagoriques. Sur un fond de laque pâle, elle obtiendrait là, une décoration pour un paravent qui ne manquerait peut-être pas d’originalité. Elle  prit la résolution de demander conseil à son cousin qui avait un goût très sûr. Entendant un bruit de pas, elle songea que c'était certainement Juliette qui après ses corvées du jour, venait la retrouver là ou Isabelle se sentait le mieux. Elle tourna la tête vers l’étroite ouverture cachée du couloir voûtée qui menait à la poterne. Non, ce n’était pas Juliette, mais William. Il dit avec surprise :

    — Ah ! Vous êtes là, Isabelle ? Vous travaillez, je voie.

    — J’essaie, mais je ne suis pas en train. Je me suis perdu dans mes pensées qui m’ont emmenées très loin, et c’est presque machinalement que j’ai fais ces esquisses. Elle souriait en lui tendant la main, tandis que William lui annonçait :

    Juliette ne viendra pas aujourd’hui. Ma mère et elle s’occupent de faire des confitures pour l’hiver prochain. Elle m'a demandé de vous prévenir, comme promis. J'en profite pour vous apporter cet ouvrage de Charles Dickens dont André et moi vous avions parlé l’autre jour… mais... Isabelle, quelle imprudence de vous asseoir à cet endroit dangereux !

    Isabelle eut un léger rire.

    J’y suis tellement habituée ! C’était mon refuge préféré, autrefois. Ma bonne Adélie seule savait où me trouver quand, par hasard, on me demandait au Château. Mais puisque vous voilà, donnez-moi donc votre avis sur ce dessin.

    Elle lui tendit l’album, puis se leva en secouant sa robe quelque peu froissée.

    Qu’en dites-vous pour un paravent, ou un panneau décoratif ?

    Très bien... Ce dessin a du caractère. Rien de mièvre ou de trop recherché. On reconnaît votre nature dans vos œuvres, Isabelle.

    Il la regardait avec une attention grave, ardente. Les joues mates d’Isabelle prirent soudain une couleur rosée. Ses cils frémirent sur ses yeux verts noisette aux couleurs changeantes.

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