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    Isabelle, décontenancée par tant de rage contenue dans cet ordre qui ne souffrait aucune réplique, osa quand même lui offrir une aide compatissante avant de s’éloigner du pavillon :

    — Eh bien, ma tante, je pars ; mais si jamais vous souhaitez me voir, n’oubliez pas que je viendrai à votre premier appel.

    — Laisse la solitaire à son destin. lui dit Victoria dans un sanglot. Va vers la vie, toi qui est jeune et belle, et qui portes en toi un peu de moi puisque tu as un visage qui ne peut nier sa ressemblance avec le mien. Je suis ta tante. De par cette filiation, à travers toi, je vivrais cette vie qui m’a été refusée. Le ciel à été bien cruel avec moi ! Pour quelles raisons dois-je porter les péchés et les mésalliances de mes ancêtres ? Sa voix se brisa de nouveau. D’un geste tremblant, Victoria ramena sur ses cheveux encore blond, son voile de dentelle noir qui avait glissé.

    — Et n’oublie pas ceci. Prends garde à ta belle-mère, Isabelle... Prends bien garde ! Elle est capable de tout ! Ne lui laisse pas le moyen de trouver une faille en toi qui pourrait lui permettre de te détruire ! Elle est dangereuse et ne t’aime pas comme elle n’aimait pas ta mère ! Sois méfiante à tous point de vue ! Méfie-toi aussi de sa fille qui ne vaut pas mieux qu'elle ! Victoria se détourna, et parut reprendre sa contemplation qui avait été interrompu par Isabelle entrant dans le pavillon de chasse. La jeune fille était encore toute retournée d’avoir pu, enfin, rencontrer sa tante. Le sac à tricot qu'elle était venu chercher n'avait plus aucune importance, car Isabelle avait oublié ce pourquoi elle était venue, toute retournée qu'elle était, par le ton étrange qu'avait employé sa tante pour lui donner ce dernier avertissement concernant sa belle-mère et sa fille. Isabelle ne pouvait pas s’empêcher de faire le rapprochement avec sa mère qui lui avait fait part de l’air sensiblement malsain que déjà elle avait respiré à Monteuroux avant sa mort. Depuis le remariage de son père avec cette d'Argenson, le mal était toujours là à guetter... Mais de quel mal parlait sa tante ? Que pouvait-elle encore lui faire cette d’Argenson qui, déjà, avait écarté d’elle son père, et tenté de la rendre odieuse aux yeux de ses cousins germains d’Aigue-blanche ? Et comment Victoria pouvait-elle bien la connaître, elle qui, déjà, s'enfermait progressivement dans son mutisme, cloîtrée volontairement dans la vieille tour au moment où Édith d'Argenson était entrée en relation avec les châtelains de Monteuroux. Sa tante avait dû suffisamment en entendre parler par ses serviteurs, et Antoinette sa femme de chambre qui lui servait aussi de dame de compagnie, et qui ne lui cachaient rien de tout ce qu'il se passait en dehors de la vieille tour...

    Cette nuit-là, Isabelle ne put fermer l’œil de la nuit. Elle se sentait encore toute retournée par la rencontre avec sa tante et les recommandations qu’elle lui avait faite concernant sa belle-mère. Isabelle se sentait de nouveau en danger. Il fallait qu’elle reste vigilante quant à l’intégrité de sa personne. Décidément, le mystère autour du château de Monteuroux et de l’étang-aux-ormes, s’épaississait.

    Puisque la présence de Ludivine avait modifié quelque peu les habitudes bien établies de Isabelle, elle se rendit moins souvent au manoir d’Aigue-blanche. C'est Juliette qui venait la voir presque chaque jour, soit à bicyclette, soit à pied quand elle ne prenait pas son vélo. 

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