• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -129-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Il ne laisse personne percer le tréfonds de son être. S’il souffre, il souffre en silence. Pourtant, j’ai le sentiment qu’il n’aime plus sa femme, si tant est qu’il l’ait aimé un jour…

    Les jolies mains d’Isabelle reprirent l’ouvrage qu’elles avaient délaissé quelques instants. Elle se sentait nerveuse, et les points de broderie s'en ressentaient.

    A travers le silence de la pièce où elles se trouvaient toutes deux, une profonde plainte s’éleva. C’était le violon de Victoria. Un noble adagio étendit ses ailes harmonieuses sur les deux jeunes amies. La tante de Isabelle ouvrait son coeur meurtrit dans les sonorités si expressives que son violon transmit jusqu’aux notes finales. L'instrument finit de livrer son message douloureux qui sombra littéralement dans un  ardent sanglot.

    Juliette reçu en son âme cet adagio avec une émotion qu'elle ne pu contenir sans en avoir les larmes aux yeux :

    Quelle artiste ! Mais elle nous met la mort dans l’âme ! C’est atroce de souffrir autant, car elle souffre, j’en suis persuadée ! Les plaintes que son violon traduit, nous transmet sa profonde peine, et nous donne le frisson.

    C’est toujours ainsi lorsque elle joue. Pauvre tante ! Révoltée ? Sans doute. Très malheureuse ? certainement, et je ne peux rien y faire. 

    Vous n’avez toujours aucun rapport avec elle ?

    Aucun, en effet. En fait, je la connais à peine. Je me souviens vaguement de l’avoir vu plusieurs fois lorsque j’étais petite fille et que maman était encore en vie. A cette époque, ma tante n’était pas tout à fait refermée sur elle-même et volontairement claustrée depuis ces longues années. C'est très curieux ! Il me vient le souvenir de ma tante que maman recevait avec beaucoup de prévenance et d’amitié... ma tante Victoria disparue de ma vie d'enfant quelques temps avant l'accident de maman qui devait lui être fatal. la disparition de ma tendre mère à troublé si fortement mon âme d’enfant, que je ne me suis plus du tout rappelée le si beau visage de ma tante...  et son handicap.Et puis, tout cela est si loin…

    — Ta tante était-elle si belle ? 

    Trois coups de klaxon montant de la route, interrompit leur conversation. C'était  la vielle voiture de William  qui remontait le chemin carrossable se trouvant être en contrebas de la vieille tour, et à l’inverse du chemin principal montant jusqu’à Monteuroux, côté château neuf. C’était le signal convenu qui devait avertir Juliette que son frère devait venir la prendre à la grille du domaine. Ainsi que la jeune fille l’avait expliqué à Isabelle, il avait été voir une personne dont on lui avait parlé pour remplacer la nurse qu’il ne voulait pas conserver. Les deux jeunes amies le virent passer le grand portail, et se garer devant la tour même. Quand il se trouva à leur hauteur, Juliette demanda aussitôt :

    Et bien ! Cela peut-il convenir ?

    Je le crois. Demain, je donnerai ma réponse.

    Vous vous trouvez décidément bien dans cette vielle tour, Isabelle ?

    Très bien malgré les petits inconvénients du logis, répondit-elle gaiement. Juliette ne me l’envie cependant pas. Encore l’a-t-elle vue que sous un jour ensoleillé. Je suis chez moi, et je n’ai de compte à rendre à personne... Surtout pas à ma belle-mère qui tient depuis trop longtemps mon père sous sa coupe.

    129

    sceau copyright

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -128-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -130- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :