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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Adélie avait passé des jours heureux auprès de Daphné, sa jeune élève devenue demoiselle, puis jeune mariée. La brave Adélie avait suivi son élève à Monteuroux comme dame de compagnie pendant onze ans, et elle était restée sa confidente jusqu’à cet accident stupide  encore inexpliqué jusqu'à ce jour. 

    Une huitaine avant son départ, alors qu’elle finissait de déjeuner avec Adélaïde, la femme de chambre de la d’Argenson, se présenta, envoyé par Mr de Rubens qui intimait à sa fille, l’ordre de faire, ce jour même, une visite de départ à la mère de son cousin-germain.

     Berthe dit froidement à la jeune comtesse : 

    — Mr le comte m’a chargée de recommander à Mlle de s’habiller convenablement pour rendre visite à votre parente. 

    Isabelle toisa celle qui lui parlait ainsi. Sa physionomie impassible et ses yeux glacés lui étaient franchement désagréables. Isabelle lui répondit sur un ton qui se voulait bien au dessus de celui qu’avait employé la servante de sa marâtre :

    Vous direz à Mr mon père, si je puis encore l’appeler ainsi, que je n’ai nullement l’intention d’aller nu-pieds à Aigue-blanche, et que pour cette occasion, avant mon départ, afin de laisser une bonne impression, je vais aller acheter une jolie robe, une paire de chaussure à la mode ainsi que des bas neufs. Je ferai inscrire tous ces achats sur son compte, car il n’a pas donné assez d’argent pour mes frais d’adieu aux personnes à qui il désire que je face des courbettes. Vous lui direz également que je m’habillerais et me coifferais en conséquence afin de faire bonne impression. Je serais d’une amabilité surprenante et sans faille pour l’occasion. Ah ! Dites-lui également, que les quelques billets donnés à Adélaïde pour mon trousseau, ne sont pas suffisant. Il comprendra.

    Berthe eut une sorte de rictus en répliquant, imperturbable, avec une pointe d’ironie dans la voix :

    Je le lui dirais, Mlle. Comptez sur moi.

    Mais, j’y compte bien ! Vous pouvez disposer !  Allez !

    La servante sortit de la pièce avec un air pincé. Son mécontentement était visible et Isabelle en était satisfaite. Tout aussitôt, la jeune comtesse se leva de table en murmurant :

    Cette femme à des yeux affreux et sans expression ! Je déteste la regarder !

    C’est curieux, dit Adélaïde ? Votre mère avait la même impression que vous lorsque, dans les derniers moments de sa vie, elle devait lui parler. Votre mère évitait de la regarder, tellement ces yeux, semblables à une eau profonde et glacée, lui étaient insupportables. Cependant, elle reconnaissait que son service était irréprochable et qu’elle se montrait fort complaisante quand aux ordres donnés. Quinze jours avant sa mort, comme Émilie était malade, Mr de Rubens l’avait pratiquement persuadé d’accepter l’offre de Mme la vicomtesse d’Argenson qui proposait que sa femme de chambre dont elle n’avait guère utilité chez Mme de la Chamalière, vint faire le remplacement. Votre mère avait accepté de mauvaise grâce. Néanmoins, elle avait quelques réticences à l'employer et elle avait hâte de retrouver sa bonne vieille Émilie à qui elle s’était beaucoup attachée. Hélas ! Elle ne devait plus jamais la revoir !

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