• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -68-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Le jour de l’enterrement de sa mère, elle aurait quand même pu, il me semble que...

    L’oreille tendue vers le son plaintif de l’instrument, Isabelle écoutait. Ce n’était pas comme à l’ordinaire. La plainte musicale s’élevait, puis un chant grave s’en suivait, laissant percevoir une peine profonde. Isabelle dit pensivement :

    C’est, peut-être, sa façon à elle de prier pour sa mère ?

    Le violon gémissait, exhalait une pathétique angoisse. Isabelle, les nerfs à vifs, leva son beau visage pâli par cette douleur de vivre, comme pour mieux en recueillir la poignante signification que dispensait l’archet de Victoria. Mais, soudainement, elle se raidit, figée dans une stupéfaction presque horrifiée : une sorte de ricanement s’élevait, un chant diabolique sur un rythme de danse macabre. Puis, brusquement, l’archet grinça, et plus rien.

    Isabelle eut un long soupir d’angoisse en s’écartant de la fenêtre et détourna les yeux pour qu’Adélaïde ne puisse pas voir la détresse qui s’y reflétait.

    Le surlendemain de sa dernière entrevue avec Adélie, alors que l’après-midi était déjà bien avancé, Isabelle s’en alla vers la vieille salle de l’ancien château où elle aimait travailler pendant les jours d’été. Là, elle était sûre de ne pas rencontrer sa belle-mère ou Ludivine. Assise sur l’appui de la baie ogivale, elle regardait la vallée, la noble perspective des hauteurs, en partie couverte de bois et de forêts. Le ciel voilé ne donnait qu’une lumière atténuée dont la douceur détendait quelque peu les nerfs de la jeune fille. Un silence atténué par les effets de ce temps maussade, l’enveloppait. De temps à autre, elle tricotait, mais le plus souvent, elle restait songeuse, ses yeux errant devant le paysage familier. A droite, dans la vallée, un bouquet d’arbres cachait Aigue-blanche : la demeure de Mme de Rubens, veuve de Mr le baron de Beau-levant, mère de William. Elle ne s’occupait plus du tout de l’exploitation agricole. Des deux enfants qu’elle avait eu de son premier mariage, elle n’en n’avait aucun à sa charge. André, son autre fils était infirme, et sa fille Juliette de quinze ans, vivait chez une de ses sœurs en Angleterre. L’adolescente ne venait chez sa mère qu’une fois par an pendant les vacances d’été. Isabelle ne les connaissait que très peu, car depuis longtemps, la baronne ne l’invitait plus à accompagner sa belle-mère suivit de sa fille quand celles-ci lui rendaient visite. Sa réputation de jeune fille sauvage et insoumise avait vite fait de dissuader Mme de Beau-levant de s’affliger le spectacle d’une tenue dont le laisser-aller lui aurait fait honte. Il ne lui échappait pas que Mme la baronne de Beau-levant, lors de rencontres fortuites, lui témoignait une malveillance à peine déguisée. Isabelle savait l’influence que sa belle-mère exerçait sur cette femme comme sur son père et William.

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  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Février à 10:31

    Bonjour

    mon petit passage du smaedi pour lire une partie de ce roman de mésaventures familiales

     

    bon weekend au chaud de la maison, en Lorraine c'est le temps le plus froid de France en ce moment, le soleil se pointe mais au frais nous sommes LOL

      • Samedi 8 Février à 11:07

        Merci pour ton petit passage quotidien.

        Dans le Var, il fait 15 ° ce matin.

        Le soleil est présent ; mais il fait quand même 

        un petit vent qui refroidit nos osselets. LOL !

        Bon week-end à toi, Philippe.

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