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    Trois jours plus tard, dans la chapelle du château, furent célébrées les obsèques de Marie-Marguerite de Rubens, née comtesse de Brémont. Le curé du village célébra la messe dans la chapelle du château, et un religieux bénédictin, cousin de la défunte, donna l’absoute. L’assistance était peu nombreuse. Quelques châtelains de la contrée, quelques personnes du village, les familles de fermiers depuis longtemps au service des de Rubens constituaient l’assemblée. Devant eux, se tenaient le comte Rudolph de Rubens, Isabelle, Édith et sa fille, Mme de Beau-levant et son fils William de Rubens-Gortzinski.

    La comtesse était renommée pour être une âme orgueilleuse et dure. Elle avait dû paraître devant son juge nimbée de la féroce joie de sa vengeance. Mme de Rubens, cloîtrée dans cet orgueil inflexible, avait toujours dédaigné une religion qui glorifiait les humbles et conseillait le pardon aux injures si l’on voulait être en accord avec les préceptes de l’église qu’elle considérait comme hypocrite. Dans son contraire, elle avait méprisé au plus haut point Édith d’Argenson, et elle était certainement décédée en la haïssant plus encore...

    Mais était-ce donc une grande faute que de haïr cette femme ? Alors, elle, Isabelle ? Elle qui la détestait de toute son âme ? Qui ne pouvait la regarder sans souhaiter sa mort ? Son regard envahit par l’angoisse alla vers l’autel. Un grand Christ très ancien, sur une croix en bois de chêne vermoulu, dominait l’assistance. Isabelle joignit les mains en songeant en elle-même : Peut-être me pardonnerez-vous seigneur, vous qui avez tant souffert des hypocrites pendant votre vie et les avez si bien fustigés en paroles. Mais ne me demandez pas de ne plus détester cette femme ! Tout au plus, je promets de ne plus lui souhaiter de mal... mais c’est tout, mon Dieu, c’est tout ! Il est trop injuste qu’elle puisse profiter de la faiblesse de mon père, du nom qu’elle porte afin d’effacer celui qui était le sien, avant, qu’elle jouisse d’une notoriété non méritée, et d’un titre qu’elle a volé à ma chère mère.

    Isabelle ramena tout contre son visage le voile de crêpe noir pour ne pas sentir le parfum capiteux, hors de prix, dont sa belle-mère raffolait. Vers sa droite, Catherine de Rubens blonde, maigre, fatigué, avec un visage fané, tenait ouvert son livre de messe, mais il restait toujours à la même page.

    Encore une qui se laissait prendre par le charme hypocrite et sournois de la deuxième femme du comte et de Ludivine, sa fille.

    Mr de Richemont avait été le premier mari d’Édith, emporté par une maladie qui s’éternisait. Il avait eu le temps de régulariser son testament et laissé à parts égales entre sa femme qui devenait tutrice de sa fille, un héritage composé de biens immobiliers, de terres cultivables dont les fermages rapportaient bien, ainsi que des liquidités très, très substantielles ! En deuxième noces, Édith de Richemont avait épousé le vicomte d'Argenson avant que celui-ci ne décède deux ans après leur union. Alors seule héritière, elle avait profité de ses biens qui étaient assez conséquents malgré les frais inhérents à cette succession. Voir sa fortune grossir lui apporta une certaine satisfaction. Le comte de Rubens, était donc son troisième époux. Il était moins argenté que ses deux premiers maris ; mais il y avait du potentiel à venir qu’elle ne tenait pas à négliger.

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