• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -218-

      Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Renaud jugea aussitôt qu’il fallait, dès le lendemain, après avoir été chercher les bouteilles d’oxygène, aller en faire part à William. Enfin une piste se dessinait !

    Le crime paraît certain d’après cet aveu, mais il faudrait prouver l’identité de la meurtrière, ajouta-t-il. Or, en pleine nuit, il est sûr qu'elle est passer inaperçue... à moins que... Vous m’avez dit Isabelle, que votre vieux jardinier avait coutume de travailler quelques fois dans son jardin les soirs d’été, lors des nuits de pleine lune.

    En effet.

    Il faudrait que j’aille l’interroger au plus tôt. Peut-être a-t-il vu passer cette femme dont parle votre tante, et pourra-t-il nous donner une indication susceptible de l’identifier.

    Oui, peut-être, dit Isabelle d’un air las.

    Elle demeura très absorbée, pendant le dîner auquel personne ne toucha réellement. En se levant de table, Isabelle fit un pas vers la chambre, puis elle se ravisa et dit à Adélaïde :

    Je monte voir ma tante.

    Sa voix avait un léger tremblement. Adélaïde la suivit d’un regard anxieux. Elle avait les larmes qui inondaient ses yeux. Pour cacher son émotion, elle s'adressa dans un souffle à Renaud :

    Ma pauvre petite chérie ! Quelles quelles révélations, et quelles épreuves va t-elle encore subir en ces quelques jours !

    Elle doit absolument éclaircir toutes les zones d'ombres que ce secret cache encore depuis si longtemps dans les méandres de cet esprit pernicieux vivant dans ce château... Isabelle doit subir cette dernière épreuve et qui sait si, pour elle, les épreuves sont terminées ? dit pensivement Renaud.

    Dans la chambre de Victoria, la fenêtre était ouverte sur une nuit lourde, une nuit sans étoiles que de lointains éclairs traversaient parfois. Une petite lampe posée sur une table, loin du lit, laissait celui-ci dans la pénombre. Le souffle court de sa tante guida Isabelle vers le lit où Victoria terminait sa vie douloureusement. Son cœur battait à coup précipités. Elle dit à mi-voix :

    Me voici ma tante.

    Isabelle ? Tu viens... quand même ?

    Les mots sortaient avec difficulté de la gorge oppressée où juste un léger filet d’air lui permettait de parler.

    Oui. Je n’ai aucun droit de vous juger, ma tante. De par votre infirmité, de vivre recluse volontairement, Vous avez beaucoup du ressentiment envers la société. Vous avez  beaucoup souffert et c’est la seule raison dont je veuille me souvenir.

    —  J'ai souffert affreusement... à cause de mon orgueil. Je souffre de t'avoir fais du mal... et je suis au bord du gouffre. Il faut que je me libère du poids de ma culpabilité.

    Des doigts brûlants se posèrent sur la main d’Isabelle. Un subtil raidissement de sa main alerta sa tante. Celle-ci eu subitement honte d’accepter que sa nièce daigne rester aupré d’elle.

    Pardonne-moi mon enfant ! Je m'en veux de t’avoir privé de cette vérité que je connaissais depuis toutes ces années, et qu’enfant tu ne pouvais comprendre.

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