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    Répondant au salut de la femme de chambre, Isabelle s’avança en demandant :

    — Bonjour Antoinette. Comment va ma tante ?

    — Pas trop bien, mademoiselle. Depuis quelques temps elle est enrhumée et elle tousse. Je n'arrive cependant pas à la raisonner. Il faudrait qu'elle écoute mes conseils et qu'elle renonce à sa promenade du soir près de l’étang. C'est un endroit très humide, las-bas.

    C’est de cette façon qu’elle a pris mal l’automne dernier. Après quoi, il a bien fallu qu’elle se soigne tout l’hiver. Je ne comprends pas son attirance pour ce lieu si humide, si lugubre, et qui n’est pas du tout bon pour elle ? Il y règne une atmosphère décidément pesante, mystérieusement dangereuse. Je ne saurait dire pourquoi ce lieu me fait cet effet ? Je ne comprends vraiment pas pour quelle raison elle ne veut pas faire l’impasse sur sa promenade, et ce qui l’attire en ce lieu ?

    Isabelle se renseigna encore sur son état d'âme :

    Ne s’ennuie-t-elle pas trop ? Croyez-vous qu’elle refuserait de me recevoir ? Je plains tellement ma pauvre tante ! Le regard grave et pur d’Antoinette s’attarda un moment sur le visage reflétant la sincérité de la jeune comtesse.

    Non, elle ne le voudra certainement pas. Elle n'aime pas les visites de peur de déceler dans les yeux des visiteurs, cette pitié qu'elle ne peux supporter. Ma pauvre demoiselle est bien plus malade de l’âme que de son corps, Mlle Isabelle. Nous ne pouvons faire qu’une seule chose pour elle, c'est prier afin que dans la nuit où elle se trouve, il y ait un jour, un  rayon de lumière qui éclaire son chemin. Là s'arrêta leur conversation quand Antoinette amorça un mouvement vers la loge, puis se ravisant, elle ajouta :

    Je lui demanderais quand même si votre visite pourrait l’agréer, Mlle. On ne sait jamais ?

    Quelle paix, quelle sérénité dans le regard de cette femme toute dévouée à sa maîtresse ! A chaque rencontre avec Antoinette, Isabelle en emportait une impression d’apaisement qui lui faisait beaucoup de bien, trouvant cette sensation très surprenante ?

    Antoinette est une âme merveilleuse, lui avait dit un jour l’abbé Forges. Depuis bien des années, elle partage la sombre existence de votre tante Victoria. Peut-être connaît-elle de durs moments auprès d’elle, des jours pénibles au côté de cette malade don l'esprit est certainement très fragile. Cette misanthrope qui s’écarte farouchement de la vie d’autrui, doit beaucoup souffrir, baignée dans cette solitude malsaine ?

    Oui, une grande malade assurément ! Pensait Isabelle. Adélaïde l’avait connue après le mariage de Daphné, menant à peu près la vie de tout le monde, mais d'un caractère assez renfermé. Elle était très orgueilleuse, douée d’un esprit vif, étincelant, et d’une intelligence hors du commun. D’après ce qu’elle savait d’elle, elle était très cultivée. En fait, une femme remarquable au point de vue intellectuel. ! Elle était cependant très belle de visage, avec des yeux d’un charme étrange et envoûtant aux dires d’Adélaïde, mais malheureusement, dans un corps déformé que tout l’art des couturières ne pouvait dissimuler. C’était, en effet, très peu de temps avant la mort de sa tendre mère qu’elle avait, tout à coup, décidé de se cloîtrer dans la vieille tour où elle est encore aujourd’hui. 

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