• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -123-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Comme la voiture entrait dans la cour du domaine d’Aigue-blanche, Juliette parut sur le seuil. Elle eut une exclamation joyeuse en les voyant et vint en souriant à leur rencontre. Avec son teint halé et son sourire avenant et la vive gaîté de ses yeux d’un vert soutenant une incroyable transparence, tout cela faisait de cette jeune demoiselle, une jolie jeune fille pleine de santé. Sa cordialité toute simple plut à Isabelle.

    Cette Juliette à la joie de vivre communicative qu’elle avait peu connue autrefois, lui inspira, d’emblée, de la sympathie. Dans le salon, André était assis près d’une fenêtre, s’entretenant avec son frère debout devant lui. Un peu plus loin, près d’une table ronde, la comtesse Marie-Catherine de Rubens tricotait, quand Juliette annonça gaiement :

    — Voilà Isabelle ! Tous trois tournèrent la tête vers la porte, et André dit aimablement :

    — Nous étions très impatients de vous voir, Isabelle. fît André.

    — Précisément, nous parlions de vous, ajouta William. Le jeune homme en écrasant dans un cendrier la cigarette blonde qu’il tenait entre ses doigts. Il s'avança enfin vers les arrivantes, et serra respectueusement la main d’Adélaïde, tout rencontrant le regard troublant d’Isabelle, il se pencha vers elle, lui prit la main qu'elle lui tendait pour respectueusement l'effleurer. Décidément, il trouvait sa cousine bien changée. Il n’y avait plus aucune trace de cette hostilité qu’elle lui avait témoigné autrefois. Vint le tour de Marie-Catherine de Rubens d’accueillir les visiteuses fort aimablement, d'ailleurs. Elle avait le visage vieilli et la jeune comtesse la trouvait visiblement très fatiguée. Elle ne retrouvait plus, non plus, en elle, la parente toujours portée à la critique qui la jugeait avec une sévérité contre laquelle elle se révoltait du haut de ses seize ans avec un aplomb peu commun. L'accueil s'étant fort bien passé malgré les craintes de Isabelle, William qui, à leur arrivé, discutait avec son frère, mis au courant Isabelle de leur aparté :

    — André me disait justement qu’il aimerait revoir le vieux Monteuroux en votre compagnie, sans que votre père ne soit présent. Un jour d'une chaude matinée d'été,  il y a de cela bien longtemps, votre père avait fait visiter le domaine à André. Isabelle, gênée, s'excusa : 

    — J'aimerais bien lui faire ce plaisir, mais c'est risqué. Je ne pénètre jamais dans château neuf, que mon père soit là... ou pas.

    — Alors, vous ne vous risquez jamais dans château neuf, même s'il n'y a personne ? 

    — Non. Je n'aime pas l’atmosphère qu'il y règne. Lorsque j'étais plus jeune, et avant que je ne parte pour l'Angleterre, je me cachais et fouinais un peu partout dans château neuf, les mois ou il était inoccupé. J'aimais surtout la bibliothèque ou je pouvais m'instruire sans être dérangée. Savez-vous qu'il y a aussi une bibliothèque en très bonne état dans château vieux ? Il est vraiment dommage de le laisser s'enfoncer dans la vétusté...  j'y ai souvent fais de petites haltes pour me détendre en m'instruisant. Il y a des livres très intéressants à consulter sur les poisons incolore, inodores et ne laissant aucune trace dans l'organisme. Pour certaines femmes malveillantes, Il y en a eu, et il y en a encore ! Il n'est rien de plus facile que d'administrer un poison indétectable afin d'éliminer un mari trop gênant, bénéficiant, de préférence, d'un noble patronyme et d'une fortune appréciable... mais le temps de L'adolescence est révolu, sans que pour autant, mes opinions aient changées.

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