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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Juliette soupira :

    Je fais de mon mieux pour remplacer ma pauvre maman qui a besoin de repos. Mais si je me marie un jour... quoique, je me demande d’où viendra mon prince charmant, et s’il voudra bien m’épouser alors que je n’ai pas de dot ? Mais confions-nous dans la Sainte-Providence, n’est-ce pas, ma chère Isabelle ? Et travaillons en attendant le problématique époux.

    Isabelle, très sûre d’elle, confia à son amie sur un ton qui en disait long sur son état d’esprit :

    La dote n’est pas le plus important dans un mariage. Il faut qu’il y ait des sentiments de part et d’autre pour que cela fonctionne. Si votre prétendant a de vrais sentiments pour vous, peut lui importera votre dote ma chère Juliette. Un mariage basé sur l’intérêt n’est pas une chose que j’apprécie. Pour ma part, je préfère ne jamais me marier. La brièveté de cette fin de phrase étonna Juliette. Elle regarda Isabelle avec une curiosité mêlée d’amusement.

    Votre beauté, Isabelle, vous amènera des prétendants ! Célibataire par vocation ? Vouée au service de l’art ? Je n’y crois pas Vraiment ! Ce serait dommage, mon amie... mais, après tout, vous avez encore le temps de changer d’avis… et puis, c’est votre vie et personne n’a le droit de vous dicter votre conduite sur ce sujet.

    A l’extérieur du pavillon, on entendit un bruit de pas. Une des portes vitrées fut ouverte et William parut sur le seuil.

    Ah ! Te voilà ! Dit Juliette. Tu arrives à temps pour le thé.

    Isabelle leva la tête. Son regard rencontra celui de William. Ses yeux bleu marine ne traduisaient plus cette flamme secrète qui existait entre eux depuis quelque temps. La physionomie de William semblait tendue, et sa voix avait une intonation changée tandis qu’il disait en serrant la main d’Isabelle :

    J’ai eu vite fait de m’arranger avec ce fermier. Il m’a l’air d’un brave homme.

    Juliette dut sentir aussi quelque chose d’insolite, car elle regarda son frère avec attention. Il vint s’asseoir entre les deux jeunes filles, juste au moment où Isabelle se levait pour servir le thé. Un souffle d’air moins chaud pénétra par les battants de la porte du pavillon ouverts sur l’étang, rendant l’intérieur un peu plus respirable, mais les jeunes gens ne semblaient pas s’en rendre compte. William regardait l’eau d’un vert très sombre que, maintenant, le soleil quittait pour renaître la journée suivante. Un pli se creusait entre ses sourcils du jeune comte. Un autre se formait au coin de sa bouche. Il laissa tomber ces mots avec une sorte d’indifférence glaciale.

    J’ai rencontré tout à l’heure sur la route le télégraphiste qui m’a remis une dépêche de Ludivine. Annonçant sa venue plus tôt que prévu.

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