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    L’assistance était peu nombreuse. Quelques châtelains de la contrée, quelques personnes du village, les familles de fermiers depuis longtemps au service des de Rubens constituaient l’assemblée. Devant eux, se tenaient le comte Rudolph de Rubens, Isabelle, Édith et sa fille, Mme de Beau-levant et son fils William de Rubens-Gortzinski.

    Adélaïde qui était une de Brémont comme sa grand-mère avant son mariage avec Stéphan de Rubens, était présente également. Angèle et son frère, strictement au service de la défunte, se trouvaient relégués, avec les autres domestiques, derrière les seigneurs de Monteuroux. Victoria qui s’était abstenue de paraître au lit de mort de sa mère, se trouvait absente de cette cérémonie dernière.

    La chapelle, qui occupait l’extrémité des anciens bâtiments, avait jusqu’alors résisté à la ruine. Elle ne servait plus qu’en de semblables circonstances. Les vieux vitraux subsistaient dans leurs alvéoles de plomb et laissaient passer une clarté indécise entre ces visages de saints auréolées, dans laquelle s’estompaient le visage des assistants. Celui d’Isabelle restait caché sous le voile qu’elle ne songeait pas à écarter. La jeune fille se sentait mal à l’aise entre sa belle-mère et son père. Elle n’aimait pas se retrouver entre cette femme qu’elle sentait fausse et l’auteur de ses jours. Contrairement à son habitude, elle avait une piété sincère et bien dirigée par le curé, mais là, sa pensée ne suivait pas les rites sacrés.

    Depuis le moment où elle avait assisté, invisible, à cette scène révélatrice près du lit où se mourait son aïeule, elle restait sous l’impression d’un écroulement affreux qui l’avait fait si précipitamment fait fuir. Jusqu'alors, bien qu’elle connût l’influence de la d’Argenson sur son père, elle n'aurait jamais osé penser que celui-ci poussa la faiblesse jusqu'à aider à fouiller les quelques meubles anciens sous les yeux de sa mère mourante. Rien, jamais rien, ne pourrait enlever ce souvenir de la mémoire d’Isabelle, pas plus que le sourire diabolique de l’aïeule ; cet atroce sourire qui signifiait, pour elle, la joie haineuse de la vieille dame à la pensée de la déception promise aux héritiers avides. Toute cette scène revenait en boucle dans sa tête, et lui faisait entrevoir un désespoir sans nom devant ce monde décidément trop cruel. Ce sourire, la jeune fille l’avait retrouvé sur les lèvres de la morte quand, avec Adélaïde, elle s’était agenouillée près d’elle. Angèle, impassible, sèche et glacée ainsi qu’à l’accoutumé, se tenait immobile près de sa maîtresse défunte devant le cercueil resté ouvert encore quelques instant.

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