• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -42-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Nous pourrons aller dans le midi, dans un bel endroit que je connais, et où nous serons tranquilles pour jouir de notre bonheur.

    La voix suave de Ludivine sembla un doux roucoulement lorsque, à la déconvenue de la jeune adolescente, sa tête brune se pencha sur l’épaule de William tandis qu’il essaya de la résonner :

    — Vous avez là une bonne idée, chère Ludivine. Pourtant, j’aimerais mieux ne pas m’absenter plus de quelques jours au moment de notre mariage, car ce sera l’époque des travaux d’automne. Un agriculteur n’a pas beaucoup de liberté. Vraiment, ne craignez-vous pas de vous ennuyer à la campagne, vous qui êtes plutôt habituée à une existence mondaine ?

    — Oh, non, mon chéri ! Avec vous, jamais !

    Isabelle s’écarta brusquement de la porte fenêtre avec dégoût. Son visage tendu, ses sourcils rapprochés, dénotaient une sourde colère. Avec un sourire méprisant, elle murmura :

    — Et il la croit, cet imbécile ! Sa mère et elle n’aiment pas la campagne et ne restent pas au château les mois d’hiver.

    La voix de Ludivine argumenta de nouveau, cette fois, légèrement plus haute qu’à leur apparition de ce côté-ci de l'étang et ses paroles parvinrent plus distinctement aux oreilles d'Isabelle qui n’en perdait pas une miette :

    — Je n’aime pas cette pièce d’eau. Elle a toujours eu quelque chose de lugubre. Je me demande pourquoi la mère d’Isabelle en faisait une de ses promenades favorites, et je suis curieuse de savoir ce qu’elle pouvait bien trouver à cet endroit ?

    — Que vous importe ! Je vous pose une autre question : Pourquoi m’avez-vous entraîné de ce côté-ci du parc ?

    — Je désirais connaître cette partie qui menait à l’étang que je n’avais jamais vu, mais tant entendu parler par mère. Avec vous je ne crains rien, mon chéri ! Je désirerais, aussi, en savoir un peu plus sur cette Daphné ? Vous qui l’avez côtoyé étant plus jeune, pouvez-vous m’éclairer ? Je sais juste ce que mère m’en a dit. William sursauta en entendant traiter la comtesse Daphné, sa tante, de la sorte.

    — Vous êtes bien insolente, ma chère ! Vous serait-il plaisant que l’on dise de vous : cette Ludivine ? Elle ne mérite guère cette appellation péjorative ! Je ne vous dirais pas ce que vous désirez savoir ! D’ailleurs, je n’ai pas connu ma tante assez bien et assez longtemps pour vous faire une description exacte de sa personnalité. Et vous êtes prié d’éviter de parler des personnes que vous n’avez pas connu, à plus forte raison, lorsqu’elles sont disparues, lorsqu’elles sont disparues de bien étrange manière : si non qu'avec respect ! Décidément, ma chère, je découvre en vous des choses qui ne me conviennent guère ! Si vous désire être ma femme, il va vous falloir changer votre façon d'être !

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