• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -208-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    C’est dur d’être là, près de moi, n’est-ce pas ? Près de moi qui ai laissé tuer ta mère s ans faire un mouvement pour empêcher que ce crime ait lieu mes yeux. Va-t’en... oui, cela vaut mieux. Je suis une maudite…

    Isabelle se laissa glisser à genoux et saisissant cette main fiévreuse, qui ne savait quel réflexe adopter, hésitant encore à se laisser apprivoiser.

    Non, ma tante. Ne retirez pas votre main. Je resterai près de vous. Je suis venue de mon plein gré, sachant que nous devons pardonner comme Dieu nous pardonne nos péchés. Ne parlons plus de ce passé douloureux pour vous comme pour moi. Ma pauvre mère souffrait beaucoup moralement, et le caractère de mon père, sous l’influence redoutable de cette Édith d’Argenson, lui réservait encore des épreuves dont elle ne pouvait se douter. Ma mère ne pourra trouver le repos que lorsque la meurtrière sera punie. Sachez qu’elle vous a pardonné, et que la justice divine a déjà commencée de faire son œuvre. Vous obtiendrez la joie éternelle et le repos de votre âme de par votre aveu sincère, chère tante. Votre remord suffit à Dieu pour votre pardon.

    La voix d’Isabelle tremblait d’émotion. Dans la pénombre, son regard distinguait mal la figure de la mourante. Pendant un long moment, elle n’entendit plus que sa respiration sifflante. Lorsque Victoria murmura :

    Tu as bien souffert par cette femme, autrefois, n'est-ce pas ? Angèle était au courant de bien des choses qui se passait au château par ta préceptrice, et par Dominique qui, de loin, assuraient ta protection... Tâche de savoir qui a commis ce crime. Ce n’est pas facile après tant d’années ; mais si ma confession peut faire que tu puisses, avec l’aide de tes cousins : oui, je sais qu’ils sont près de toi... Et qu’ils vont tout faire pour t’aider... Si je peux faire... Avec ma confession que cette meurtrière soit punie ?

    Oui. Elle me hait. Mais je me défendrais contre elle... Maintenant, ne parlez plus, ma tante.

    Si, je dois te dire encore... Je te lègue ma fortune qui est considérable. Antoinette ne veut rien. Elle rentrera chez les trappistines après ma mort. C’est, je pense, pour gagner le salut de mon âme. Aussi, je ne veux pas la décevoir. L’abbé Forges va venir tout à l’heure. Puis elle se tut. Isabelle, toujours à genoux, priait. Elle songeait à la triste existence de cette femme qui n’avait pas trouvé d’affection chez sa mère, et probablement pas chez son frère. Peut-être aussi, comme le supposait son père, avait-elle connu l’amour, et celui-ci, dédaigné, avait dû ravager ce cœur entier, passionné, tel qu'était sans doute le sien.

    Plus tard le remord l'avait-il saisie, pour finir par dévaster cette âme orgueilleuse et fière. La pitié, maintenant, dominait tout autre sentiment chez Isabelle. Elle n’avait plus qu’un désir : l’apaisement de l’âme tourmentée de sa tante.

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