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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Juliette vint la voir l’après-midi de ce fameux jour ou elle venait de reprendre contact avec son père et sa femme. Elle la trouva tristement songeuse. Quand elle eut connue la raison de cette tristesse consécutive à la nouvelle de cette vente, elle lui avoua que depuis quelque temps, son frère craignait que Mr de Rubens ne fût obligé d’en arriver à cette extrémité. Les propos de Ludivine au sujet de la situation financière de son beau-père avaient été clair sur le sujet. Juliette soupira :

    — Et ce n’est malheureusement pas William qui pourra racheter tout le domaine ! Il le ferait pourtant volontiers puisque que les terres de Monteuroux touchent pratiquement les nôtres et qu’elles sont fort bonnes pour la culture, paraît-il. Avec une direction ferme et savamment conduite, elles seraient d’un excellent rapport cependant, les possibilités manquent et c’est hélas, ce qui le chagrine. Isabelle glissa un coup d’œil vers la plaque de cheminée. Voilà qu’elle se prenait à détester ces bijoux qui ne pouvaient même pas lui permettre de conserver Monteuroux. A quoi pourraient-ils bien servir si elle ne pouvait même pas les utiliser, du moins, tant que vivrait  le couple diabolique que formait son père et la d'Argenson... 

    Le jour fatidique où les invités du château devaient envahir Monteuroux approcha. Quelques hôtes arrivèrent dès le lendemain matin sur les lieux des festivités. En allant sortir sa voiture, Isabelle vit deux nouvelles berlines de luxe dans le vaste garage mit à la disposition des invités, ce qui la renseigna. Au retour de la ville où elle s’était rendue avec Adélaïde, elle croisa le cabriolet de Ludivine. Près de celle-ci se tenait une élégante jeune femme qui jeta au passage un regard curieux sur Isabelle et son accompagnatrice. Comme pour dévaloriser sa rivale, Ludivine prit un air désinvolte en renseignant sa passagère : 

    — Ce n’est que la fille de mon beau-père et sa préceptrice. Vous ferez bientôt sa connaissance.

    Lors du dîner de la veille, la d'Argenson lui avait dit : 

    Tu viendras quand tu le voudras, Isabelle ! Je te présenterai à nos invités.

    Mais Isabelle ne se souciait guère de connaître les amis de cette femme et de son père, pas plus qu’elle ne désirait prendre part à leurs distractions. La société des habitants d’Aigue-blanche lui suffisait d’autan mieux que Ludivine passait à peu près toutes ses journées à Monteuroux. Marie-Catherine de Rubens, André et Juliette paraissaient beaucoup plus à leur aise depuis le changement de programme de la femme de William, et tous ne s’en portaient pas plus mal. Isabelle voyait son cousin beaucoup moins souvent, mais elle acceptait qu'il s'écarte d'elle. La raison invoquée était qu'il avait beaucoup de travail à cette époque de l’année. La jeune comtesse n'était pas dupe car sa mine assez sombre en disait long sur son état d'esprit. Il  avait reprit son air lointain et songeur que sa cousine, depuis son retour, ne lui voyait plus. Elle avait également capté le regard lumineux d’André qui observait parfois longuement son grand frère, et la physionomie du jeune infirme quand celui-ci devenait pensif, se voilait de tristesse, ce qui ne la rassurait guère.

    Malgré ce que Isabelle connaissait de leurs finances par l’intermédiaire de Juliette, sa belle-mère et son père continuaient à mener grand train à Paris, ne voulant rien changer à leurs habitudes. Au château se préparait une grande réception qui devait avoir lieu avant que Mr et Mme la comtesse de Rubens partent pour un séjour en Italie. 

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