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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    — Rudolph, comment la trouvez-vous ? Un peu changée, n’est-ce pas ? Il va nous falloir la marier cette grande fille-là !

    — Elle n’y songe nullement. Elle veut travailler et garder sa liberté. Se marier ne l’intéresse guère. Isabelle nous est revenu très indépendante, mon amie. Vous n'arriverez pas à la convaincre.

     

    Oui, Ludivine me l’a dit. Mais quand un aimable prétendant lui sera présenté, elle changera peut-être d’avis.

    La d'Argenson continuait de parler et de sourire, en attachant sur la jeune fille ces étranges yeux gris-vert dont le jeu habile de ses longs cils noir savait si bien augmenter la séduction tout en cachant sa fausseté. Comme elle était encore jeune, son teint était parfait, sans une ride qu’aucun fard ne cherchait à dissimuler !

    Certainement non, dit Isabelle d’un ton net.

    Célibataire alors ? La dernière des de Rubens ?

    Des de Rubens de cette branche, oui, car par ailleurs, il y a William.

    William et puis Thierry. C'est un beau petit notre Thierry, qu’en dites-vous ?

    Il ressemble à sa mère.

    La voix d’Isabelle se fit involontairement mordante. Comme naguère, elle devenait semblable à un jeune coq de combat devant cette femme dont elle sentait une sournoise volonté de mal faire sous la douceur menteuse de son sourire et de sa voix.

    Oui, et c’est pourquoi il est si charmant, dit Mr de Rubens acquit aux idées de sa femme. Il paraît que son père veut le conserver avec lui à Aigue-blanche. Ludivine nous l’a appris hier.

    — Bien sûr, son idée est inconcevable ! fit la d’Argenson. Il ne peut décemment pas prétendre obliger une jeune femme comme notre Ludivine, à rester aupré de lui toute l’année sans qu'elle ne dépérisse ! Elle n'est pas habituée à vivre de la sorte !

    Alors, pourquoi ce mariage qui ne rime à rien ? Ne put s’empêcher de lancer Isabelle.

    La comtesse accusa le coup et ne sut que répondre à cette question frondeuse. Sans en tenir compte, elle passa sur l’interrogation qu’avait posé la jeune comtesse en s’adressant directement à son mari.

    Il ne peut l’y obliger, mon ami. Tout d’abord parce que Ludivine ne le laissera pas faire. Il lui suffirait de vouloir garder Thierry qu’il veut avoir sous sa coupe pour l’élever à son idée ! Mais cela ne se passera pas ainsi, car nous ne lui laisserons certainement pas notre enfant chéri.

    — Vous n'êtes que sa grand-mère ! Ne put s'empêcher d'objecter Isabelle.

    — Vos droits sur l'enfant ne sont pas la priorité vis à vis de la loi ! Le comte William est son père ! Ses droits sont aussi importants que ceux de sa femme qui devra faire contre mauvaise fortune, bon cœur, et accepter un compromis ! 

    — Légalement, il a le droit... acquiesça le comte. La loi est ainsi faite ! Ludivine ne veut pas vivre près de lui sous prétexte qu’elle n’aime pas rester à la campagne parce qu’elle s’y ennuie. Ne pouvait-elle pas s'en rendre compte avant les noces ? Ce mariage, à proprement dit, est une mascarade au regard de la loi. L’enfant à besoin de ses deux parents pour se construire.

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