• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -143-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Son père passa sur son front une main aux veines saillantes et gonflées qui tremblaient un peu.

    Je ne m’y résoudrais pas sans déchirement ; mais je ne puis l’entretenir qu’avec les revenus de ma femme. Or, ceux-ci, par la suite d’événements fâcheux, ont été sensiblement diminués. Il me faut donc envisager cette perspective pénible et bien à contre cœur pour l’année à venir. Je n’aurais, peut-être, pas le choix. Le château, même dans l'état où il se trouve, les terres attenantes, ainsi que l'étang-aux-ormes, ont de la valeur. Je vais pouvoir en tirer un bon prix, payer les reliquats et assainir mes dettes de façon à me retirer avec ma femme, sans avoir le soucis de ce poids qu'est devenu le domaine.

    Ainsi donc, serait-il possible que ce fût le dernier été passé dans ce cher vieux domaine, les dernières semaines où elle pourrait se promener dans ce parc redevenu presque entièrement sauvage ? Cette pensée lui fut si douloureuse que des larmes lui montèrent aux yeux. Elle se rappela subitement le feu éblouissant des pierres cachées derrière la plaque armoriée de la cheminée, le trésor constituées des royales émeraudes du collier de la princesse hindoue des rubis et saphirs constituant les reste de la somptueuse collection. La vente de tels joyaux permettrait d’assurer l’entretien de Monteuroux pendant des années, cependant, la promesse qu'elle avait faite à son aïeule, l'empêchait même d’y songer. Ces joyaux devraient dormir là où ils sont, sans qu’ils aient leur utilité par la faute de son père et de cette d’Argenson. Sans elle, l’aïeule n’aurait sans doute jamais eut l’idée, sur la fin de sa vie, de les dérober aux convoitises de cette femme qu’elle méprisait sans jamais l’avoir vue. Quant à son fils, il lui avait désobéi bravant son autorité en épousant cette affreuse femme sans tenir compte de ses menaces. 

    Accablée par cette révélation, Isabelle regardait son père avec un mélange d’irritation et de pitié. Assise en face de lui, elle remarquait mieux son teint blême, les boursouflures sous ses yeux et la fatigue de son regard. Elle fut soudain envahit par cette idée qu’elle avait eu six ans au paravent. Ne serait-ce pas les prémisses d’un empoisonnement à l’arsenic que sa marâtre distillerait très lentement dans ses boissons, ainsi que les plats qu’il devait consommer à chaque repas ? Elle osa cette question :

    Vous n’êtes pas bien, père. Vous venez de faire un traitement thermal m’a dit Ludivine. Ne devriez-vous pas être en meilleurs santé ?

    Oui, mais je n’en sentirai les effets que dans quelques jours. Ici, je viens me reposer pour reprendre un peu de vigueur... Il s’interrompit tout en tournant la tête vers l'entrée de la pièce et son regard s'illumina. 

    Dans la haute porte sculptée, s’ouvrait une portière qu’une souple silhouette venait de pousser. C’était la  d'Argenson qui apparaissait dans une soyeuse robe d’intérieur couleur bleu indigo. Elle s’avança, un sourire détendant ses lèvres trop fines, et ses yeux pleins d’une accueillante douceur qui sonnait faux.

    Chère Isabelle, nous te revoyons enfin !

    Elle tendit les deux mains à sa belle-fille qui se contenta d’y poser mollement une des siennes, le dégoût  de cette femme en était la cause. Sa marâtre fit mine de ne pas s'en apercevoir et continua de feindre une sympathie  loin d'être ressentie.

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