• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -146-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Lors du dîner de la veille, la d'Argenson lui avait dit : 

    Tu viendras quand tu le voudras, Isabelle ! Je te présenterai à nos invités.

    Mais Isabelle ne se souciait guère de connaître les amis de son père et de sa femme, pas plus qu’elle ne désirait prendre part à leurs distractions. La société des habitants d’Aïgue-blanche lui suffisait, d’autan mieux que Ludivine passait à peu près toutes ses journées à Monteuroux. Catherine de Rubens, André et Juliette paraissaient beaucoup plus à leur aise depuis le changement de programme de Ludivine, et ils ne s’en portaient pas plus mal. Quant à William, Isabelle le voyait beaucoup moins souvent. Il avait, disait-il, beaucoup de travail à cette époque de l’année. En tout cas, sa mine était assez sombre et il reprenait son air lointain, songeur, que sa cousine ne lui voyait plus depuis son retour. Le regard lumineux d’André, le considérait parfois longuement et la physionomie du jeune infirme devenait pensive, se voilant de tristesse.

    Malgré ce que Isabelle connaissait de leurs finances par l’intermédiaire de Juliette, sa belle-mère et son père continuaient à mener grand train. Au château, se préparait une grande réception qui devait avoir lieu avant que Mr et Mme la comtesse de Rubens partent pour un séjour en Italie : le lieu de leur séjour, décidé, au départ, par la d’Argenson, avait subitement changé sans que la raison de ce changement n’est été annoncé.  Beaucoup d'autres invités étaient attendus et la comtesse envoyait des invitations aux châtelains des alentours. Isabelle se tenait loin de toutes ces mondanités : elle ne voulait pas être mêlée à toute cette effervescence. Elle n’avait plus revu la d’Argenson ni sa fille, et se croyait délivrée de leur détestable présence jusqu’à leur départ. Or, la veille de la soirée, elle eut la surprise de recevoir la visite de son père. Il venait lui signifier qu’il comptait bien la voir y assister. Aux premiers mots de refus, il dit, avec assez de force d’une voix qui ne souffrait aucune protestation de la part de sa fille :

    J’y tiens, Isabelle ! Il ne convient pas que tu te mettes ainsi à l’écart. As-tu une toilette pour la circonstance ?

    Oui, celle qui m’a servi l’année dernière pour les réceptions où j’assistais avec ma cousine. Ce que j’ai est bien suffisant. Mais, vraiment, je ne vois pas l’utilité... je n’ai pas été habitué à ces grande réceptions…

    Et bien moi, je la vois. Il me serait désagréable que l’on te croie traitée en Cendrillon, laissée de côté par une marâtre et un père indifférent.

    Ah ! C’est donc cela ! Dit Isabelle sur un ton doublé d’un sourire ironique. D’un certain point de vue, ce n’est pas faux ! Il me semble bien que vous avez su m’ignorer pendant de longues années ! Une marâtre et un père indifférent : c’est vous qui le dites… pas moi. Depuis mon retour à Monteuroux, ne serais-je plus, à vos yeux, une personne encombrante ? Suis-je devenue, à votre satisfaction… présentable ?

    146

    sceau copyright 

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -145-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -147- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :