• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -163-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Le comte s’interrompit, les yeux fixés sur Isabelle qui écoutait son père avec une vive attention. Il hésita un instant, puis continua. Cette beauté le subjuguait et ne le laissait pas non plus indifférent. Tu ressembles vraiment beaucoup à ma sœur, ma fille. Je puis te le dire à présent. Tu es vraiment une de Rubens et tu en as le charme indéniable...

    Isabelle ne répondit rien à cette remarque qui la surprit venant de son père. Reprenant son monologue, il fît part à sa fille que son ami de l'époque lui avait confié dans une lettre alors qu'il séjournait dans le midi de la France. Il y était stipulé que l'attirance qu'il ressentait pour sa sœur, était plus que de l'amitié. Il avait ajouté :  

    — Quel dommage que son pauvre corps soit si terriblement déformé ! Sans cela, mon cher ami, je demanderais aussitôt sa main à Mme votre mère. 

    Peu de temps après, Victoria dont l’humeur devenait très sombre, se mit à passer presque toutes ses journées dans cette tour où elle finit par y demeurer complètement. A cette époque, mon ami Pierre-Auguste de Lavallière venait de se fiancer à une jeune parisienne, et nous pensâmes que la retraite de ma sœur avait quelque rapport avec cet événement.

    — Cela est fort possible. Pauvre tante ! Dit Isabelle avec compassion. Mais pourquoi l'avoir laissé si seule ? Grand-mère et vous, avez bien des choses à vous reprocher en ce qui la concerne...

    — J'en suis conscient, mais elle n'acceptait aucune visite. Mère est intervenue plusieurs fois afin de la raisonner, mais il n'y avait rien à faire. Victoria ne voulait rien entendre et restait sur ses positions. Je n'ai pas voulu non plus troubler sa retraite. Ma sœur a un très fort caractère... un peu comme toi, ma fille.

    — Je vois que nous nous ressemblons sur plusieurs points !  J'en suis très flattée, et très heureuse.

    Lorsque son père qui n’avait jamais autant parlé avec elle fut partit, elle resta un long moment immobile, les yeux tournés vers le portrait de sa mère qui souriait. Avait-il du remord de l’avoir laissé aller seule jusqu’à l’étang-aux-ormes ? Qu’avait t-il éprouvé en regardant fixement son portrait ? Isabelle avait bien remarqué l’émotion qui avait étreint son père. Le trouble de ses yeux et de sa bouche ne lui avait pas échappé une seule seconde. Après tant d’années, éprouvait-il encore du remord d’avoir repris femme après un deuil très court ? Isabelle se le demandait. Le regret d’avoir trahi autrefois la confiance de son épouse, brisé son cœur en se laissant prendre aux filets de cette Édith d’Argenson, était-ce vraiment du remord, des regrets de n’avoir pas su aimer sa femme comme elle le méritait ? Avait-il toujours, après toutes ces années, des sentiments pour elle ? Car, à la réflexion, certaines réticences d’Adélaïde à lui confier la souffrance de son élève et amie, lui faisait penser à tout ce qu'on lui avait caché. Un mot laissé échapper par Marie-Catherine de Rubens, avait peu à peu amené Isabelle à soupçonner la vicomtesse d'Argenson d'être active dans la désunion du couple que formait ses parent.

    Isabelle eut la confirmation de la soirée quelques jours plus tard. Le soir de la réception où elle devait paraître, l’ennuyait au plus haut point. Adélie vint jeter un coup d’œil à sa toilette et avec un hochement de tête, elle lui signifia qu’elle était tout à fait satisfaite de son apparence. De la voir si élégamment vêtue et toute à son avantage dans cette jolie robe de crêpe d'un blanc légèrement crémeux, l'émut plus qu'elle ne l'aurait voulu. 

     163

    sceau copyright  

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -162-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -164- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :