Chapitre XVI Dans la chambre de Victoria, la fenêtre était ouverte sur une nuit lourde, une nuit sans étoiles, que de lointains éclairs traversaient parfois. Une petite lampe posée sur une table, loin du lit, laissait celui-ci dans l'ombre de la pièce....
— Ne pensez plus à cela, Isabelle. Renaud posait la main sur son épaule. — Venez. Ce lieu vous rappelle trop de choses pénibles. Il est d’ailleurs par lui même, fort mélancolique et l’attrait qu’il inspirait à ma pauvre tante ne devait pas agir d’une...
— Mais qu’ai-je donc fais à cette femme pour qu’elle me déteste autant, et cela depuis toujours ? — Le fait d’être née fut une raison suffisante pour vous haïr, ma cousine . Elle devait faire en sorte que sa fille Ludivine prenne toute votre place dans...
Chapitre XV — Nous ne parlerons pas pour aujourd’hui de ces choses qui vous tourmentent Isabelle, mais de votre cousine germaine et de sa famille, avait déclaré Renaud à son retour. Pour essayer de la distraire, il lui avait dit combien lui plaisait Aigue-blanche...
Le jeune homme alluma une cigarette et s’accouda à la fenêtre en méditant sur ce à quoi il venait d’assister, jusqu’au moment où Adélaïde reparut. — Comment va-t-elle ? Demanda t-il. — Je lui ai donné un calmant, pauvre petite ! J ’espère qu’elle sera...
Le comte vexé d’avoir été mis à nu pas sa propre fille, bouillait d’une colère intérieure, mais ne voulant pas perdre sa superbe devant autrui, de nouveau, il voulu faire taire Isabelle : — Il suffit ! Je te déshérite ! — Mais que voulez-vous que je veuille...
— Ah ! C’est cela que vous pensez ? Vous accusez votre fille d’être une lâche meurtrière et une voleuse de mari ! Ces soupçons ne viennent pas de vous, mais de votre mégère de femme ! Vraiment, père, au contact de cette harpie, vous êtes tombé bien bas...
— Vous n'avez rien à m'interdire ! Votre femme n’est pas une saine personne comme vous semblez le croire ! Elle sait si bien y faire pour vous convaincre d’une culpabilité dont le poids n’est aucunement sur mes épaules, mais bien sur les siennes pour...
— Au lieu de me négliger, si j’avais été présentée à votre nouvelle femme qui aurait, peut-être, pu me trait er comme une enfant de six ans ?! Si elle avait vraiment chercher à m’aimer au lieu de m’évincer de vos vies comme elle l’a si bien fait en me...
Après quelques minutes de silence, Mr de Rubens reprit d’une voix qui hésitait un peu : — N’as tu pas pu provoquer, sans en avoir conscience, à un moment donné, ce mouvement de la barque qui a précipité à l’eau Ludivine et l’enfant ? Les sourcils d’Isabelle...
Isabelle lui fit la remarque d'un ton qui ne souffrait aucune remarque : — Je ne surveillais pas tous ses faits et gestes ; mais b ien sûr que je connaissais sa gourmandise pour l’a voir vu, à plusieurs reprises, lors des goûters à Aigue-blanche, prendre...
Lorsque son cousin entra, Isabelle se leva du fauteuil où elle était assise et alla vers lui, les deux mains tendues. — Quelle joie de vous revoir Renaud ! — Chère Isabelle, il paraît que vous avez été bien secouée ? Votre beau visage en porte encore...
— Une troisième victime... Isabelle, redit lentement William dont les lèvres tremblaient. Isabelle que… Il s’interrompit. Non, il était inutile d’inquiéter cette pauvre femme en lui apprenant l’odieuse manœuvre de cette d’Argenson pour nuire à sa belle...
William quitta le salon et descendit rapidement les marches d’escalier pour gagner la galerie qui menait à la vieille tour. Il n’avait même pas l’idée de parler à Mr de Rubens au sujet de l’inconcevable accusation portée par cette femme sans aucune moralité...
William ne put se retenir de lui aboyer au visage : — Mais vous êtes une véritable sorcière ! Ce n’ai pas parce que l e neveux du jardinier n'a pas pu voir comment l'accident s'est produit, que vous devez en déduire que ma cousine est coupable de ce que...
Une porte s’ouvrit en face de lui, une femme vêtue de noir parut sur le seuil. — Vous voilà enfin, William ! Lança E dith de Rubens. — Oui. La dépêche de ma mère ne m’a pas trouvé hier à Rouen, car j’étais déjà parti pour Le Havre. J’ai appris le malheur...
Chapitre XIV William entra dans la chambre qui était celle de la première châtelaine de Monteuroux. Il s’arrêta à quelques pas du lit laqué garni d’une claire soierie brodée, sur lequel reposait Ludivine… inanimée. Peu avant de tomber à l’eau, elle avait...
Mais Isabelle ne s’excusa pas. Laissant reposer les rames, elle regarda Ludivine droit dans les yeux avec un air courroucé. — Assez d’insinuations ! Parlez franchement pour une fois dans votre vie, si vous en êtes capable ! Ce petit jeu vous amuse, mais...
Je vous emmène maintenant faire votre promenade en barque pour que vous me fich i ez la paix ! Vous avez le don de m’exaspérez ! Au bas des trois degrés allant jusqu’à l’eau, la barque était attachée à la chaîne que Mr de Rubens avait renouvelé, ainsi...
— Je n’ai pas le temps, et puis, je n’en ai pas envie. Vous me gênez ! Je veux avoir fait une esquisse avant que la lumière du soleil n’ait quitté l’étang et que l’orage n’éclate. — Vous n’êtes guère compréhensive, ma chère… Thierry à envie de se promener...
Ludivine se fit un plaisir de commencer ses insinuations, tout en s’exprimant, avec son air doucereux, habituel, qui horripilait Isabelle : — Vous allez faire bien des envieuses, ma chère, car c’est un homme très recherché ! Quelle charmante existence...
Arrivée à l'endroit désiré, Isabelle installa son chevalet, s’assied sur son petit banc, et considéra pensivement le cadre familier qu’elle voulait reproduire en fond de toile ; mais au bout de quelques minutes, des pas légers lui firent tourner la tête...
Trois jours, depuis la demande en mariage de Frantz Müller, s’étaient écoulés. Ce matin, elle avait, à cause de sa fatigue physique et morale, complètement oubliée que son père lui avait demandé de réfléchir encore afin de rendre sa réponse. Pourtant,...
Isabelle s’empressa de quitter la pièce ou toutes deux se trouvaient, coupant court à toutes nouvelles questions q u'Adélie aurait la curiosité de lui poser. En regardant la chambre qui avait reprit vie avec l’aide de Dominique et d'Angèle, Isabelle eut...
— Oui, ma bonne Adélie. J ’ y suis bien obligée, et puis, je ne veux pas assister à la vente d u château. Mon père et la d’Argenson comptent finir la saison avant la mise en vente du domaine et leur départ pour l’Italie. Je ne pourrais jamais accepter...