
Il lui tardaient d'entendre ce qu'on lui réservait, pour enfin disposer. Malgré cela, elle attisa la mauvaise humeur de son père en le provocant une fois de plus :
— Je suis sous votre responsabilité, mais vous ne m'avez pas élevé ! Vous avez délégué ce droit à ma marraine depuis dix ans. Vous m'avez, jusqu'à ce jour négligé, et je ne pense pas que cela puisse changer ? Depuis que ma mère s'en est allée, je suis un poids pour vous. J'en suis consciente !
Tu n’es pas maltraitée que je sache ?
Isabelle ne put s’empêcher une dernière réplique cinglante et pleine d’ironie :
— Euh... vous trouvez, père... ?
— Oh ! Rudolph ! S’offusqua Édith. Vous allez accepter cela de votre fille ?
— Cela ne vous concerne en rien, Mme. Je m’adresse à celui qui est encore, officiellement, mais malheureusement, mon père !
— Pour ta réponse, tu dois des excuses à ta mère, Isabelle !
— Je ne lui dois aucune excuse ! Elle n’est pas une de Rubens ! J’attends la sanction que vous m’avez préparé pour mon insubordination, et je trouve qu’elle est un peu longue à venir...
Il lui tardait d’entendre la sentence que son père lui réservait pour, enfin, disposer. Malgré cela, elle attisa sa mauvaise humeur en le provocant une fois de plus :
— Je suis ton père ! Tes réflexions sont inacceptables !
— Vous ne pouvez faire autrement que de les entendre ! Je suis telle que la vie à permit que je devienne. Il fallait vous y prendre plus tôt pour annihiler en moi toute révolte et m'aider à grandir comme est censé le faire un père digne de ce nom ! Il vous fallait me prendre en charge sous votre protection, de façon à ce que je sois élevée comme votre belle-fille ! Peut-être auriez vous réussi à me modeler à votre manière et selon le souhait de Mme si elle vous en avait laissé le pouvoir... Dans votre rôle de père, vous avez manqué à tous vos devoirs !
— Tu es virulente dans tes propos, ma fille ! Je ne conçois rien de tout ce que tu nous reproches ! Tu n'as que seize ans et...
— Justement parce que je n'ai que seize ans, j'ai eu tout le temps de grandir seule, de comprendre comment votre femme, ainsi que sa fille, vous manipulait afin de vous détacher de votre propre enfant qui est de votre ligné ! J'ai évolué sans votre affection, et je me suis habituée à ne plus vous voir. Je me suis, tout simplement, résignée, et pour combler le vide d'un amour inexistant envers moi, je me suis mise à compter vos absences... Votre indifférence, niant, à votre manière, mon existence, m'a fait beaucoup de mal. J'ai également compris bien des choses au sujet de Mme ! Ma solitude forcée à renforcé mon caractère et fait de moi une femme bien plus tôt que les autres jeunes filles du canton. Quant à vous ! Mme, vous ne me prendrez pas dans vos filets ! Je suis assez forte pour déjouer vos manigances !
— Oh ! Rudolph ! Je n'en puis plus ! Faite la sortir de ma vue ! Je vous en prie ! Toutes ces accusations et sentiment malsains qu'elle me prête... mes sels ! Donnez-moi mes sels ! Je vais m'évanouir !
N'en pouvant plus, Rudolph hurla à l'encontre de sa fille :
— Je ne te permets pas ces insinuations ! Tu vas partir de Monteuroux. Nous ne voulons plus de toi ici !
Isabelle contint avec peine un tressaillement en affichant un air frondeur qui en disait long sur le dégoût qu'elle ressentait envers son père :
— Enfin ! Vous vous décidez à me dire le fond de votre pensée ! J'attendais ce moment depuis déjà un bout de temps ! Mme d'Argenson doit certainement y être pour quelque chose... Vous ne prenez aucune décision sans son accords...
Le comte Rudolph ne pouvais rien faire contre le dédain que sa fille n'avait pas peur d'afficher concernant la sa femme qui se dissimula derrière un regard se voulant, en apparence, très doux sous de longs cils foncés, guettant le moindre signe d’émotion et d’anxiété chez la jeune comtesse, mais elle en fut pour ses frais.
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