
Elle ne fut pas étonnée, non plus, de la perversité de sa marâtre qui avait dû mettre un veto sur les apparitions de Daphné, de peur que l'on ne découvre ce qu'il s'était vraiment passé.
Plus elle était au fait de tous ces détails, et plus elle comprenait le danger que cette histoire représentait pour la elle. Devenu comtesse de Rubens en faisant assassiner sa rivale, Elle ne pouvait décidément pas élever ni aimer la petite fille qui représentait un reproche vivant de son forfait.
Après toutes ces révélations de part et d'autre, William conseilla paternellement à la jeune fille de ne plus parler des apparitions de sa mère, de la laisser reposer en paix maintenant qu'elle avait fait son devoir envers son enfant. Tout cela devait rester secret entre eux deux et ne regardait personne à part, si elle en émettait le souhait, se confier à l'abbé Forges en confession pour avoir son avis sur le surnaturel puisqu'ils étaient, tous deux, catholiques. Beaucoup de personnes du village connaissaient cette histoire d’apparition. Il fallait bien trouver une explication à tous ces phénomènes qu'il fallait arriver à analyser et comprendre... Isabelle ajouta :
— Malheureusement, Ludivine et son enfant n’étaient que les fruits gâtés de cette femme à la personnalité, j’oserais dire pervertie jusqu’à l’âme.
— Me permettez-vous de faire une comparaison, cher William ?
Ludivine n’étaient pas responsable de l’acte suggéré par Edith à Berthe. Elle était bien trop jeune à l’époque. Quant au petit Thierry, là, Ludivine et sa mère sont responsables de lui avoir trop céder à ses caprices et de l’élever dans le mensonge. Lorsqu’un fruit est pourrit de l’intérieur, il ne peut que gâter les autres fruits qui se trouvent dans son environnement !
L’entière adoration de Berthe et sa complète soumission envers sa maîtresse, lui ont fait accomplir ce geste irréparable que sa maîtresse ne voulait pas avoir à faire. Exerçant une manipulation verbale, elle était sûre que sa domestique, entièrement dévouée à sa cause, pouvait très bien faire le travail pour elle.
Le retour de bâton fut administré de la façon la plus terrible et la plus radicale pour Edith et Berthe. Celui que je plains le plus est père qui fut trop faible pour résister à cette diablesse et qui va payer jusqu’à la fin de ses jours la perte de sa chère femme honnête, douce, et aimante qu’était mère.
De ne s’être pas occupé de moi lorsque j’étais petite, de m’avoir, en quelque sorte, abandonné à Adélaïde alors que je venais de perdre ma chère maman dont j’avais le plus besoin, de m'avoir délibérément délaissé au profit de sa nouvelle épouse et de sa petite fille, est à présent, pour lui, je pense, son châtiment.
Après tant d'années de souffrances, de doutes, et de larmes pour la petite fille que j’étais, il ne peut en être autrement ! La punition de Dieu est la réponse aux manquements d’un père envers son enfant. J’ai mal pour mon père et j’ai beaucoup de peine, mais je lui pardonne. Je pardonne à Ludivine et je n’ai plus que de l’indifférence pour La femme qui à détruit notre famille. A présent, tout est rentré dans l'ordre. Je ne veux plus penser au passé. Nous n'en parlerons plus. Je veux être heureuse avec vous, William !
Sur ses paroles pleines de confiance et d’amour, William prit dans ses bras le jeune corps frémissant de sa bien aimée et, la regardant dans les yeux, il approcha son visage du sien, prit les lèvres de celle qu'il considérait déjà comme sienne, et il l'embrassa avec douceur et tendresse.
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