
De ce fait, mon oncle a longtemps conservé une secrète amertume de n’avoir pas su détourner sa jeune sœur d’un mariage qu’il désapprouvait. S'il avait pu prévoir ce qui l'attendait dans ce mariage ? J’ai voulu en savoir plus sur maman, mais mon oncle qui en veut à mon père pour des raisons que ma mère à dû lui confier, ne voulu pas me troubler avec ce qu'elle lui avait écris concernant son couple. Il lui en veut plus encore depuis que, par sa faute pour ne pas l'avoir accompagné comme il le faisait chaque fois. Elle est décédée et il ne lui pardonne pas. J’aurais aimé savoir ; mais je n’ai pas trouvé où mon oncle cachait ses lettres. Je suis sûr que j’y aurait trouvé des renseignements très intéressants concernant la vie de maman. Il ne faut pas se fier aux avis partagés que l’on peut vous donner et que, par ignorance, l’on peut interpréter de façon différente lorsque l’on ne connaît pas la personne. En vérité, ce fut un homme charmant tout au long de mon séjour auprès de lui. D’ailleurs, mon cousin comme ma cousine ont été tout aussi charmants avec moi, et j’ai une particulière amitié pour mon cousin Renaud dont la nature ferme et loyale me donne une impression de sécurité en sa présence.
— Vous aimez la loyauté, Isabelle ?
— Par-dessus tout... oui.
— Il m’est plus facile de comprendre votre antipathie envers votre belle-mère et sa fille, et qui n’a, en cinq ans, nullement changé. Je m'en rends bien compte ! Un éclair d’ironie passa dans les yeux d’Isabelle. Ses mains laissèrent tomber l’ouvrage qu’elles tenaient avant de s’exclamer :
— Comment ! Vous n’êtes pas en extase devant votre céleste belle-sœur ? Le charme machiavélique de sa mère ne vous éblouit-il guère ?
Juliette s’excusa :
— OH ! Je les ai peu connue à vrai dire. J’étais si rarement à Aigue-blanche à cette époque. Je ne tiens pas à les connaître plus... elles me dérangent lorsqu'elles viennent tous les trois mois d'été, elle à Aigue-blanche. Sa mère, à château-Château-neuf, dispense ses ordres jusque chez nous en ce qui concerne le petit Thierry...
— Mais votre mère était en admiration devant la comtesse et sa fille. Convaincue de la véracité de ce qu’elles disaient à mon sujet, votre mère ne voulait pas se rendre compte de la duplicité de cette femme et de sa fille qui est son exacte réplique. La faute en est que William et votre mère se sont laissés bien trop souvent tromper par leur apparente gentillesse. Savoir dissimuler leur véritable nature était un jeu d'enfant pour elles. Juliette confirma :
— Après le mariage, nous nous en sommes aperçu très vite.
— Au tout début, votre mère et votre frère aîné se sont laissés hypnotiser par leur fausse amabilité. C'était calculé de leur part. Il fallait qu'elles arrives à les convaincre de mes défauts qu'elle poussaient à l’extrême et qui, d’après elles, était ma nature profonde. Leurs avis me condamnaient à tout jamais. Pour elles, j’étais irrécupérable. Je ne valait pas la peine que l’on cherche à mieux me connaître. André, lui, juste avant que je ne parte pour l'Angleterre, m’a avoué ce qu'il pensait de ce mariage. Il avait depuis le début de leur fréquentation, soupçonné la fausseté de Ludivine. Cette horrible fausseté qui est la tare de la femme de William transmise par sa mère, ce qui l'éloigne irrémédiablement de votre grand frère. C’est à cause de cela que... qu’ils vivent séparés ? Juliette osa confier à Isabelle le premier accrocs fait dans la promesse de mariage et qui ne fut pas tenu. Mon frère ne pouvait accepter cela. Elle lui a laissé entendre qu’elle vivrait volontiers auprès de lui, à la campagne, pour que, sur les conseils de sa mère, le mariage est lieu.
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