
Après sa visite à Emilie, Isabelle se dirigea ses pas vers le presbytère ou elle entra. S'étant assise devant le bureau du prête, elle attendit patiemment qu'il finisse ce qu'il était en train de faire. Lorsqu'il fît son apparition, son visage amaigri, et ses cheveux blanchi par les années, Isabelle en fut très surprise. Ce qu'il avait changé en six ans ! Ne désirant pas que le prêtre remarque sa surprise, elle lui parla de son existence à verte-court, et de ses projets artistiques. Cette dernière année, son oncle, surprit du talent de sa nièce, l’avait envoyée à ses frais, dans une école de beaux-arts pour suivre des cours de peinture et d’art décoratif. Isabelle était revenu avec plusieurs diplômes dans ses bagages, dont celui qui lui permettrait de se faire un nom dans la décoration. Son oncle l’encourageait beaucoup à se diriger dans cette voix, étant donné ses disposition vraiment exceptionnelles.
— C'est très bien ! J’aime beaucoup cela pour vous, dit l'abbé. C'est autant mieux pour vous, que vous aurez la protection de Mlle Adélaïde dans cette existence parisienne.
— Chère Adélie ! Que de bienveillance envers moi ! Oui, sa présence me sera bien précieuse. D’ailleurs, nous n’aurions pu demeurer l’hiver à Monteuroux. A son âge, après le confort dont elle a joui à Verte-court, Adélie souffrirait trop de tout ce qui manque dans notre vieille tour.
— Vous pourriez demander à habiter le Château-neuf ?
Le regard d’Isabelle s’assombrit en pensant à son père si peu communicatif envers elle, et à sa femme qu'elle ne souffrait toujours pas. Le ton qu'elle employa pour répondre au père Verges, démontrait bien qu'elle n'avait nullement changer d'avis envers sa belle-mère, pas plus qu'elle n'avait changé d'opinion concernant son père toujours sous l'emprise de sa marâtre. Isabelle daignât quand même répondre à l'abbé :
— Demander à mon père et à ma belle-mère une faveur ? Je n’en sent pas le besoin ! J’ai pris de bonnes résolutions, monsieur l'abée. Je suis décidée à être correcte et conciliante, quels que soient mes sentiments à l’égard de ma belle-mère. Mais je tiens à conserver ma pleine indépendance et à ne rien lui devoir, pas même une complaisance. Du reste, je ne pourrais me faire une situation si je devais rester à Monteuroux. Je sais que père, sous l’influence de sa femme, veut me marier rapidement, mais ils peut me présenter n’importe quel parti, ce sera toujours non. Je ne tiens pas à me marier pour la bonne raison que je n’accepterais jamais d’être soumise à un homme parce qu’il est un bon parti et que sa fortune aurait largement de quoi à me faire vivre. J'ai de quoi voir venir et n'ai nul besoin d'un chaperon en guise de mari. Je n'appartient à personne qu'à moi-même. Être indépendante est mon souhait. Je me suffis à moi-même. Aucun homme, si fortuné soit-il, ne saurait m’agréer. Si j’accepte d’être fiancée un jour, c’est que je serais éprise de celui que j’aurai moi-même choisi, et que ce jeune homme sera épris de moi. En aucune manière je n’épouserais par intérêt ! Il serait bien improbable que je supporte de céder ma fortune à mon futur mari en guise de dote !
La jeune comtesse savait ce qu’elle voulait. L’abbé comprit qu’au fond, cette fière jeune fille, devenue une belle jeune femme, était restée la même en droiture et force que caractère.
Le prêtre reprit :
— Évidemment. A moins d’être comme Juliette qui, depuis un an, seconde activement son frère dans la propriété familiale.
— Juliette ? S’étonna Isabelle. Elle habite maintenant Aigue-blanche ?
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