• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -98-

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    Son cousin avait quand même pris la défense de sa chère mère et claqué le bec venimeux de sa fiancé. Elle lui en était reconnaissante malgré cette animosité qu’elle ressentait pour lui. Ce dont elle avait été témoin, cet après-midi-là, concernant cette supposée vision, c’était enfouit dans un recoin de son esprit ; mais cette fois, il y avait un élément qui confirmait sa présence près d’elle : le bout de voile identique à celui qu’elle portait toujours sur son cœur, et ce morceau de robe bleue pâle qu’elle avait entre les mains. C’était la preuve irréfutable que sa mère veillait sur elle, et qu’elle se garderait bien de jeter. Elle n’avait pas rêvé ! Isabelle mit les petits bouts de tissu dans son corsage, et décida, pour se prémunir contre une raison qui pourrait vaciller, de ne plus y penser tant qu’elle ne serait pas en mesure de mettre en évidence la ou les assassins de sa mère. Cette étrange vision devait pour le moment rester secrète, bien enfouie au creux de son âme… Sous la lune éclairant la pièce d'eau où, pour la première fois, elle venait d’apercevoir, la malformation et le si beau visage de sa tante Victoria, après que celle-ci se fut éloignée en suivant les berges de l’étang, voilà que, pour la deuxième fois, Isabelle assistait à l’apparition de sa mère. La preuve du phénomène surnaturel n’était plus en cause : Isabelle était seule à savoir qu’il y avait quelque chose de paranormal en ces lieux. Sa mère lui était apparu, pour la première fois, dans l’eau sombre de l’étang, certainement pour prendre contact avec elle. Ce soir, pour la deuxième fois, très distinctement, elle l’avait clairement vu. De plus, sa mère lui avait révélé des détails qui ne pouvaient la tromper. Sa décision était prise. Elle ne confierait rien non plus à l’abbé Forges de peur qu’il ne la prenne, lui aussi, pour une personne dérangée, ayant soudain perdu le sens des réalités. Certaine, maintenant, qu’elle n’était plus seule à se débattre au milieu de chiens et loups, que sa mère était là, dans l’ombre des grands ormes, pas seulement pour élucider son assassinat ; mais aussi, pour la guider, la protéger. Isabelle était sûr, à présent, que sa mère avait toujours veillé sur elle depuis sa toute petite enfance, et c’est parce qu’à ses seize ans, elle était assez mature et large d’esprit, qu’elle avait jugé bon de lui apparaître. Isabelle allait partir chez son oncle, résigné, mais rassurée. C’était là, le sage conseil de sa tendre mère. Son devoir serait de l’aider à trouver la paix et le repos éternel dès qu’elle serait de retour au château afin de découvrir, avec l’aide de Dieu, le mystère de l’étang-aux-ormes.

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