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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    — Ma chère fille. Je t’en supplie, n’ai pas peur. Tu as besoin de mon aide pour t’en allez sans te retourner de Monteuroux. Pour le moment, écoute bien ce que je vais te dire. Je t’aiderai à tout comprendre, mais, plus tard... dans quelques années... tu seras plus forte pour affronter la diablesse par qui le malheur est arrivé, qui s’est emparée de mon titre de ma vie, et qui, à présent, fait sa loi : elle commande et les résidents du château, faute de pouvoir faire autrement sans perdre leur emploi, obéissent. Pour cette raison très dangereuse pour toi, et que j’essaie de te faire entrevoir, tu dois t’éloigner au plus vite de Monteuroux, car j’ai peur que l’on ne te réserve le même sort que le mien, il y a maintenant dix ans. Ta vie est menacée si tu restes. Va-t’en sans te retourner. Fuis Monteuroux. Tu reviendras avec des arguments qui te serviront pour te défendre, ma chère fille...

    Sans plus une seule parole et comme par enchantement, Daphné de Rubens disparut. Isabelle entendit le bruit d’un tissu qui, pour la seconde fois, se déchirait sur le passage de l’apparition. Elle attendit quelques instants et s’engagea à son tour dans le chemin que venait de prendre sa mère. A peine eut-elle fait quelques pas, qu’elle trouva, accroché à un buisson, un morceau du châle bleu pâle, avec un bout de la robe que sa mère portait avant de s’évaporer dans la profondeur du parc.

    Le doute n’était plus permis : Elle avait, là, une preuve indiscutable de cette bouleversante et incroyable apparition dont elle-seule venait d’être témoin. Le temps qu’elle se remette de ses émotions Isabelle resta un long moment immobile, ne sachant que penser. Les questions se bousculaient dans son esprit. Ses pensées allaient et venaient en tous sens.

    Il fallait qu’elle analyse tout ce qu’elle venait d’apprendre par la bouche de sa chère mère, et ce morceau de voile qui était bien la preuve qu’elle ne s’était pas imaginée cette scène. Son esprit fiévreux cherchait à comprendre comment cela était-il possible, et comment pouvait-elle croire à cet événement surnaturel qu’elle venait de vivre ? Est-ce que cela pouvait être seulement envisageable ? Comment est-ce que sa mère, pouvait savoir qu’elle était en danger comme elle l’avait été, elle-même, le jour de son accident ? Comment pouvait-elle être au courant que son cher mari s’était remarié peu de temps après sa disparition, et qu’il ne s’était guère soucié de leur fille jusqu’à ce qu’il décide, après dix ans, sous l’influence de sa deuxième femme, qu’il était temps de se séparer d’elle en l’envoyant chez son oncle, maintenant qu’elle avait atteint ses quinze ans ? Était-elle vraiment devenue une menace pour la seule personne qui devait certainement être à l’origine de la mort de sa mère. Un seul nom lui vint à l’esprit : la machiavélique d’Argenson. Isabelle retenait une seule vérité qu’elle ne pouvait nier : si elle ne s’en allait pas chez son oncle au plus vite, puisque son père lui en donnait la possibilité, elle risquait, à tout moment, sa vie, en restant plus longtemps à Monteuroux. Sa mère venait clairement de la prévenir. Une sombre menace pesait sur elle. Isabelle devait prendre cette apparition au sérieux, même si elle avait du mal à croire ce dont elle venait d’être témoin : Tous ces détails sur l’atmosphère qui régnait au château étaient exacts.

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