• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -95-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    La silhouette s’avançait, légère, sous le halo de la lune. Ses longs cheveux blonds descendaient jusqu’au bas de ses reins. Tout en avançant vers elle, l’apparition semblait flotter au-dessus du sol. Surprise, mais sereine, Isabelle ne ressentait aucune peur.

    Pour le coup, cette apparition lui parut encore plus surnaturelle que la première fois, et lui rappelait, en tous points, sa mère. Elle se souvenait parfaitement d’elle, car une enfant de six ans ne peut oublier les traits de sa maman. Isabelle n’avait pas peur. Son esprit était calme. Elle se surprit à murmurer :

    Oh ! Maman, cela ne peut être toi ? Tu n’es plus avec nous depuis tellement longtemps. Serait-ce possible que le seigneur te permette de m'apparaître pour pouvoir, sur cette terre, m'avertir de ce qui se passe dans ce château et m'aider à découvrir ce qui s'est réellement passé la soirée de ton décès ?

    Puis, pour elle-même :

    Je dois rêver ? Deviendrais-je folle ? Stoïque, Isabelle, ne chercha pas à fuir devant l’apparition, mais elle restait dubitative.

    La silhouette continua d’avancer en murmurant pour la seconde fois son prénom, suivit d’une phrase très audible, alors que l’apparition ne semblait ne pas remuer ses lèvres.

    Isabelle, ma chère fille, n’ai pas peur : je suis à tes côtés et te protège depuis que je suis partie de ce monde cruel. Je ne peux reposer en paix tant que le mystère de l’étang-aux-ormes ne sera pas résolu. Va chez ton oncle, mon enfant, car tu es en danger à Monteuroux. Va en paix chez mon frère, ma petite fille. Tu y seras en sécurité. Je serai là, à ton retour et ferai en sorte que rien ne puisse mettre ta vie en danger.

    Isabelle n’en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Les paroles que sa mère venait de prononcer, la laissait plus que perplexe, car c’était bien Daphné, sa mère, qui la mettait en garde ! Elle ne pouvait en douter. Mais en garde contre quoi ? L’apparition ne s’approcha pas davantage, mais avait compris le désarroi d’Isabelle sans que celle-ci n’ait eu à prononcer un seul mot. Comme pour répondre à son interrogation, Daphné continua de lui parler dans un murmure juste perceptible pour elle. Ses lèvres ne bougeaient toujours pas, mais les mots pénétraient son esprit sans aucune difficulté, et avec une telle force de persuasion que la jeune fille ne pouvait douter du réalisme de la situation. Daphné continuait de lui parler doucement pour la rassurer sans remuer les lèvres :

    Il y a des esprits nuisibles qui vivent au château ; mais la plus dangereuse est celle qui à détourné mon chère mari de moi. Cette ambiance malsaine flottait au dessus de moi bien avant que je ne disparaisse. Ce sont ces mêmes esprits qui sont cause de mon accident qui n'en est pas un. Cet esprit machiavélique à commandé la main qui ma poussé. On m’a tué, ma chère fille : je gênais quelqu’un… Tu as deviné qui est la fautive depuis longtemps. Depuis que ton père s’est remarié, cette femme, cet esprit diabolique et pervers, ayant un ascendant très fort sur ton père, ne te veut pas. Tu es le reproche vivant de son forfait.

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