• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -92-

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    Dans ce Monteuroux qu’elle avait habité seulement pendant les mois d’été, ce Monteuroux qu’en vérité, la jeune comtesse n’aimait pas du temps de sa courte vie, Isabelle n’avait pas beaucoup de souvenirs des jours heureux qu’elle avait dû vivre entre son père sa mère et William

    A l’étage au-dessus, le violon de Victoria gémissait. Isabelle s’approcha de la fenêtre. La lune était pleine. Elle éclairait fantastiquement la vallée endormie. Il n’y avait pas un brin de vent. La végétation immobile formait des ombres qui se détachaient dans la nuit, le long des pentes et jusqu’au sommet des collines. Tout se ressemblait. Un soir de pleine lune... Un soir comme celui-ci, ou Daphné de Rubens était sortie du château sans son mari, pour se diriger vers le parc et puis...

    Isabelle frissonna. La belle nuit claire lui parut tout à coup sinistre. Une deuxième plainte déchirante, échappée du violon de Victoria, tendit ses nerfs à l’extrême. Des larmes roulèrent sur ses joues.

    Oh ! Maman ! Dit-elle tout bas. Que vous me manquez ! Je ne suis pas aimée dans ce château. Père m’a délaissé depuis que tu es partie...

    Ses yeux erraient sur la vallée endormie, et sur les bois silencieux. Vers la droite, le grand manoir plus que centenaire d’Aïgue-blanche se cachait derrière les grands ormes. Catherine de Rubens avait songé à les faire abattre à un moment où elle se trouvait vraiment dans une situation financière plus que précaire, Mais un tel sacrifice ne semblait plus être aussi important, puisque William allait épouser Ludivine... et sa fortune.

    Mon cousin est vraiment étrange ! Pensa la jeune comtesse. Cet après-midi, en quittant Aïgue-blanche, Isabelle et Adélaïde l’avait rencontré qui revenait, avec sa sœur Juliette d’une promenade à cheval. Tous deux avaient dit adieu à Isabelle : la jeune Juliette avec sa cordialité habituelle, et lui froidement, avec cet air lointain qu’on lui remarquait souvent. Comme Adélaïde lui souhaitait ses vœux de bonheur à l’occasion de son prochain mariage, il lui avait répondu sur un ton sec :

    Merci.

    Isabelle avait remarqué son air peu avenant ; mais elle, n’avait rien dit au sujet de son mariage, car elle n’en pensait pas un mot. Et puis, ayant été évincée de la cérémonie, rien ne la forçait à lui souhaiter joie et bonheur puisqu’elle ne le pensait pas, et vu le ton employé par William pour remercier Adélie, cela ne lui donnait aucunement l’envie de se faire rabrouer. Avait-elle rêvé sa mauvaise humeur ? Isabelle avait cru voir dans son regard, tourné vers elle l’espace d’une seconde, une étrange expression de perplexité, d’angoisse, de doute et d’anxiété ? Dans son, fort intérieur, après la scène dont elle avait été témoins près de l’étang, Isabelle avait deviné que William ne se mariait guère de gaîté de cœur. Qui donc l’avait forcé à redonner sa parole à Ludivine, si non la d’Argenson, la comtesse Catherine de Rubens, et à n'en pas douter, son propre père qui avait dû user de toute sa force de persuasion pour faire céder son jeune cousin.

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