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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Deux vieux piliers de pierres grises se dressaient de chaque côté de l’entrée où il n’y avait pas de barrière. On pénétrait librement dans l’allée herbeuse, sous l’ombre des ormes centenaires. Ceux-ci formaient deux rangées qui se faisaient face à droite comme à gauche, laissant entrevoir des prairies parsemées de bosquets leurs faisant suite et qui étaient traversées par un fossé assez profond où coulait une eau claire provenant d’une source ayant jailli spontanément dans le parc depuis bien longtemps, arrosant toujours les prairies et le domaine. Cette source avait, d’ailleurs, donné son nom à la propriété. Tout au bout de l’allée, séparée d’elle seulement par une cour pavée entre deux balustrades verdies par la mousse, se dressait la longue maison reconnaissable à ses épais murs de pierres, couverts de vigne vierge, avec ses tourelles avançant entre les deux corps de logis.

    Une voûte, à la droite du rez-de-chaussée, faisait communiquer la cour avec un jardin situé derrière le grand manoir, et où se trouvait aussi les communs. Isabelle sonna à la porte de la tourelle. Une servante en tenue vint ouvrir. Elle introduisit les visiteuses dans le salon où se tenait habituellement la famille. La pièce était très grande. Elle était éclairée par trois portes-fenêtres habillées de tentures en toile de Joui dont les couleurs étaient passées. Ces portes-fenêtres ouvraient sur le jardin. Le salon était agrémenté de meubles d’époque, piqués, mais qui avaient encore belle allure. La mère de William écrivait à son bureau. André, dans son fauteuil d’infirme, soignait la patte d’un des chiens de William, sur laquelle était passée la roue d’une charrette à foin.

    Isabelle aimant les bêtes, lui proposa son aide. Ainsi, échappait-elle à la conversation avec Catherine de Rubens, dont l’accueil manquait de cordialité. Celle-ci s’entretint avec Adélaïde sur le départ prévu de la jeune fille pour l’Angleterre où elle y avait, elle-même, passé quelques années durant sa jeunesse. Une fois leur conversation terminée, la mère de William fit apporter des rafraîchissements.

    Isabelle, ayant pansé adroitement la patte du chien, s’adressa aimablement au jeune homme afin de lui prodiguer des conseils concernant le suivi de la patte accidentée de l’animal. Très attentif à la douceur de ses gestes envers le berger allemand, André lui en fit compliment. N’ayant pas l’habitude de recevoir des marques d’attention, Isabelle rosie de confusion puis, laissant là, le chien qui ne pouvait plus se déplacer facilement, elle alla s’asseoir près du jeune homme, lorsque la comtesse l’interpella avec un sourire où passait clairement de l’ironie.

    Dites-moi, petite : que de frais avez-vous fait ! Pour une fois, votre père vous a gâté !

    Isabelle répondit poliment avec un sourire courtois :

    Disons… que je me suis gâtée toute seule sur son compte, ne pouvant me présenter comme une souillon chez vous, ainsi que chez mon Oncle, Lord de Montégu-Meldwin. Ce ne sont pas les quelques franc qu’il à daigné donner à Adélaïde afin de me confectionner un nouveau trousseau en vue de mon départ, qui on put couvrir le reste de ce que je porte aujourd'hui pour me présenter chez vous, et vous faire mes adieu avec courtoisie pour six ans…

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