• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -84-

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    Quand elle releva la tête, son regard erra sur l’assistance restreinte et silencieuse qui avait suivit l’office depuis le début. Elle y dénombra quelques femmes du village et jeune homme se prénommant André, le frère de William qui était infirme, ainsi que sa jeune sœur Catherine. Isabelle était donc la dernière à se présenter à la messe du matin. Devant l’autel, l’abbé Forges élevait entre ses mains le calice qu’une pâle flèche de lumière traversant un vieux vitrail, faisait étinceler. Isabelle s’efforçait de fixer son attention sur le mystère divin qui s’accomplissait devant ses yeux, mais elle ne pouvait tenir éloigner de son esprit cette pensée qui la taraudait. Elle allait quitter son cher Monteuroux pour vivre chez des parents qu'elle ne connaissait pas. Pour elle, c'était des étrangers à touts points de vue. Adélaïde disait que Sir de Montaigu-Meldwin était un homme droit et bon qui avait beaucoup aimé sa jeune sœur, mais n’avait pas approuvé son mariage avec le comte de Rubens, d’où une certaine froideur dans leurs rapports à dater de ce moment. Devenu veuf, avec un fils et une fille, il vivait presque toute l’année dans son domaine de Green-range, (Verte-cour), qui se trouvait être le nom Français de son domaine en hommage à sa femme qui avait voulu lui garder une attache avec sa Normandie natale.

    — Vous ne serez pas malheureuse chez lui, chère Isabelle. Je puis vous l’assurer. Avait ajouté sa marraine.

    — Pas malheureuse... Qu’en sait-elle ? Pensa Isabelle. En tout cas, ce ne saurait être pire qu’à Monteuroux, son cher Monteuroux empoisonné par des âmes diaboliques qui agissaient dans l’ombre.

    Dans sa charmante petite tête, tourbillonnaient des tas de questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponse. Il allait lui falloir s’accoutumer à une existence nouvelle et tellement différente de celle qu’elle menait ici auprès du souvenir de sa tendre mère qui lui manquait tant. Elle serait tout à fait libre de ses décisions sans avoir sur son dos les reproches de son père et de sa marâtre, mais la sauvageonne qu’elle était devenue n’aimait pas les protocoles et encore moins les nouvelles têtes qu’elle allait devoir affronter et auxquelles elle allait, malgré elle, devoir s’habituer de bonne grâce. Isabelle se souvînt du vieil adage lu dans les livres de la bibliothèque de château-neuf qui stipulait de faire contre mauvaise fortune, bon cœur, lorsque son acceptation de quitter l'endroit ou elle avait grandi, ou elle avait le souvenir de sa tendre mère encore si vivant, deviendrait obligatoire. Le cas allait bientôt être d'actualité sans qu'elle ne puisse rien y changer. Isabelle avait conscience que ce serait difficile au début, mais elle décida qu'elle ferait de son mieux afin d'être acceptée par sa nouvelle famille qui était celle de sa chère mère : Appliquer ce précepte dans sa nouvelle vie, ne pourrait que lui être bénéfique. Il fallait qu'elle se donne une chance de se faire connaître de son oncle et se faire apprécier par ses cousins germains afin de discréditer les critiques négatives que sa belle-mère et son père ont pu avoir concernant son comportement envers eux. Cela l’effrayait à l’avance, elle, la délaissée, habituée à la solitude, à une vie simple, sans autre discipline que celle imposée par l’abbé Forges qui savait la guider, pénétrer et percer les turbulences de son âme quand il le fallait. Il ne serait plus à ses côtés pour l’aider à discerner parmi cette foule d’inconnus, le chemin qu’elle serait obligée de suivre. Fermée au monde, ardente et sensible, mais si vite repliée sur elle-même lorsque elle se sentait jugée, était dur à accepter.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 29 Mai à 10:01

    Bonjour

    la lecture continue avec les questionnements d'Isabelle

    mais que va t il lui arriver la bas ? au loin de son cher domaine

     



    bon weekend de Pentecote
    que je te souhaite avec ma petite note
    une fin de semaine de bonne celebration
    un soleil qui revient et s'installe a l'occasion

     

      • Vendredi 29 Mai à 12:11

        Merci cher Philippe,

        Je te laisse découvrir le plus palpitant qui va se trouver

        dans la deuxième partie du roman...

        Bon week-end à toi aussi, mon ami.

        Amicalement, Ghis.

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