• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -82-

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    Elle me sent dangereuse pour des raisons qu’elle seule connaît. C’est pour cela qu’elle a persuadé père de m’éloigner de Monteuroux. Je n’ai que des soupçons accompagnés de preuves dont vous n’avez même pas idée, mon père, et je ne peux même pas vous les confier : Vous refuseriez de comprendre ! L’abbé Forges, surprit par tant de véhémences dans ce qu’elle avançait, resta silencieux quelques instants, puis il renouvela son approbation concernant son départ pour son bien. Isabelle était réfractaire à tous ses conseils et ne voulait plus rien savoir de la part de son confesseur.  Désireux de l’aiguiller sur d’autres sujets pour des raisons que lui seul, connaissait, il lui demanda si Adélaïde accompagnerait son élève. Isabelle, déçu de l’apparente indifférence de l’abbé, baissa la tête et dit pour clore cet épineux sujet qui lui tenait à cœur :

    Vous essayez de changer de sujet parce que vous en savez beaucoup plus que vous ne voulez le montrer. Votre silence est plus éloquent que tous les mots que vous auriez pus me dire ! Je sais que j’ai raison, Mr le curé, et vous ne pouvez rien y faire à cause du secret de la confession. Je comprends ; mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que ce que je sens au fond de moi est bien réel : que je suis en danger en restant à Monteuroux. Je vais donc partir à regret, mais dans six ans, je serai de retour et je finirai bien pas savoir tout ce que l’on me cache depuis nombre d'années...

    Ne vous montez pas la tête, ma chère enfant. Laissez Monteuroux derrière vous, et allez vers votre avenir.

    Mon père : je vous ai déjà mentionné que ne peux vous confier mon secret ; mais Dieu, lui, est au courant. Je sais que je suis en danger si je reste. C’est pourquoi je vais quitter, pour un temps, Monteuroux, pas parce que vous me le conseillez, mais bien parce que c’est mon choix et pour des raisons bien précises que, encore une fois, je ne peux vous révéler.

    L’abbé ne répondit pas. Isabelle continua :

    Pour votre information, ma préceptrice m’accompagne et ma belle-mère a choisit le début du mois d’octobre pour mon départ. Juste avant le mariage de mon cousin William. Ils n’auront plus à s’occuper de moi et de mon côté, je n’aurais plus à me soucier deux. Lorsque je serai majeur, je serais entièrement libre de ma destinée et s’ils comptent me marier contre mon gré, ils auront du répondant devant eux. Je ne compte pas me faire dépouiller de mon titre de comtesse en me mariant avec un jeune homme de leur choix. Je ne leurs laisserai pas cette victoire afin de se débarrasser de moi, pas plus que je leurs laisserai Monteuroux sans livrer une résistance acharnée. Vous pouvez en être sûr ! Je finirai par savoir ce que vous me cachez sous le secret de la confession ! Oh ! Pas par vous, mon père ; mais les gens parlent si l’on insiste un peu… Je sais que je suis encore trop jeune ; mais à mon retour… Isabelle ne prit pas congé du prêtre comme elle l’aurait fait auparavant. Furieuse, elle tourna les talons et quitta le presbytère sans plus un mot. Elle était hors d’elle, se sentant impuissante devant la destinée qui se profilait devant elle. Le pauvre curé resta un instant interloqué par tant de colère et de répartie dans cette jeune âme qui ne voulait pas démordre de ses convictions.

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