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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    L’abbé lui coupa la parole :

    — Depuis que vous avez appris les vraies circonstances du décès de votre mère par une âme malveillante à votre égard ?

    Isabelle songea un moment. Un léger pli barrait son front. Elle dit :

    — Oui, absolument et vous savez de qui je parle... J’en ai principalement après Ludivine. Sa seule vue éveille en moi je ne sais quelle révolte… Par une fin d’après-midi où je revenais de l’étang-aux-ormes, ayant une de ces fleurs de nénuphar que ma mère aimait tant, accrochée dans mes cheveux, je rencontrais Ludivine sur le chemin du retour vers Monteuroux. Elle me salua avec son air habituel de petite fille candide, enjôleuse et avec cet air faussement innocent doublé de ce ton ironique que je lui connais bien et qui m’horripile. Elle remarqua la fleur de nénuphar dans mes cheveux et m’informa, avec malice, de l’accident où ma mère avait trouvé la mort, appuyant sur la manière dont cela avait dû se produire à cause de ces fleurs. C’est ainsi que je su par une triste ironie du sort, ce que l’on m’avait si longtemps caché. J’en étais si bouleversée, que je m’enfuyais, non sans lui avoir administré une gifle magistrale dont elle doit encore se souvenir. Je m’enfuyais pour ne plus la voir et l'entendre, vers le seul refuge où je pouvais pleurer toutes les larmes de mon corps auprès de ma chère Adélie. Tant de cruauté sous une si belle apparence me dégoûta à jamais de la fille de ma belle-mère. Je ne l’appréciais déjà pas avant ; mais là, c’était le comble de la méchanceté.

    L’abbé Forges eut cette réflexion tout à fait justifiée pour lui, avec ce calme dont il ne se départissait que très rarement.

    Voilà pourquoi je suis satisfait de vous voir quitter Monteuroux pour quelque temps. Lorsque vous reviendrez, vous serez une autre jeune fille, vous aurez appris, à dominer vos émotions, vos impressions, au contact de vos parents, vos compagnes d’étude et les relations de votre famille. Ainsi pourrez-vous reprendre avec une âme plus sereine les rapports obligatoires avec votre belle-mère et sa fille. Isabelle secoua la tête.

    — Je ferai certainement mon possible pour cela, mais je sais à l’avance que tout sera inutile : ma belle-mère ne m'apprécie pas, et j’ai le même sentiment à son égard. Elle cherche et cherchera toujours à me nuire. Je sais qu’elle veut m’évincer de Monteuroux pour avoir le champ libre avec sa fille. Je suis une menace pour elles deux, car elles ont compris que jamais elles n’arriveront à me manipuler. Mon père est assez faible pour l’être, mais pas moi. Ma belle-mère veut Monteuroux pour elle-même et mener mon père comme elle le désire. Il est sous son influence et tellement passionné par cette femme, qu’il ne s’aperçoit pas que sous des dehors mielleux, doucereux, laissant paraître une apparente affection qu’elle est censée lui témoigner, elle l’amène là où elle le veut.

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