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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Ne pouvant plus se taire concernant son départ précipité de Monteuroux, Isabelle fit part de sa tristesse à la vieille servante de sa chère mère :

    Émilie, je vais quitter Monteuroux. Mon père m’envoie en Angleterre chez mon oncle.

    Ah ! Mademoiselle, vous devez être peinée de ce départ, vous qui aimez tant Monteuroux !

    — Beaucoup de peine. Priez pour moi, Emilie. Je vais en avoir grand besoin là ou l'on m'envoie...

    Je le fais tous les jours, mademoiselle. Vous êtes tout le temps dans mes prières.

    Elles se trouvaient toutes deux sous le porche. Au dehors, attendait une voiture d’apparence très bien entretenue, mais usagée. A l’intérieur était assis André et, près de la portière, se tenait William. Isabelle eut un imperceptible mouvement de recul, puis se ravisa, ne voulant pas donner matière à un jugement encore infondé d’impolitesse envers lui. 

    Elle s’avança, tendit la main à son cousin qui lui dit froidement :

    Ah ! Bonjour, Isabelle.

    Il ajouta, d’un ton qu’elle jugea ironique :

    Et bien ! Il paraît que vous allez nous quitter et faire connaissance avec l’Angleterre ?

    Isabelle riposta :

    Vous me semblez bien informé à ce que je voie !

    Ludivine me l’a appris hier soir. Ce sera une excellente chose pour vous.

    C’est votre avis et non le mien.

    L’avis d’une jeune fille telle que vous ne compte guère. Répliqua le jeune comte.

    Je le sais bien, et je ne manquerai à personne ici, d’ailleurs, personne ne me manquera non plus, vu le peu d’intérêt que l’on m’accorde. Il fut un temps où vous me considériez comme votre égale… Ou est passé ce temps où nous étions amis ?

    Une note d’amertume passa dans sa voix qui se fit brève, mais que perçut le jeune comte, car il regarda avec plus d’attention le jeune visage raidi, les yeux couleur d’automne, assombris par une soudaine tristesse.

    Laissez-moi vous dire, Isabelle, que vous ne faisiez pas ce qu’il fallait pour cela. Ni ma mère, ni moi n’aurions demandé mieux que d’avoir avec vous des relations plus cordiales. Mme de Rubens et Ludivine auraient souhaité vous aimer…

    Isabelle, piquée au vif, rétorqua :

    De quelle manière ma belle-mère aurait-elle voulu m’aimer : soumise, hypocrite, mielleuse, et fausse comme Ludivine que vous allez épouser ?  Ce n’est pas ma nature. Je sens au fond de mon âme que vous ne serez pas heureux avec celle que vous avez choisi pour femme. Elle n'est pas pour vous et vous allez beaucoup souffrir. Je suis peinée que vous ayez accepté cette union, mon cher cousin...

    A la suite de ces paroles qui en disait long sur ce qu’elle pensait de la futur belle-mère de William et sa fille. Une sorte de rire s’étrangla dans la gorge de la jeune fille. Pendant quelques secondes, son regard exprima un ironique mépris. Puis il redevint grave, presque douloureux.

    — Ce que vous faites de votre vie ne me regarde aucunement ; mais permettez moi de vous avertir, William. Après votre mariage, lorsque leur vrai personnalité se découvriront à vous, que vous aurez appris à mieux les connaître, William, vous vous souviendrez de ce que vous me dites là et de ce que je vous ai répondu.

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  • Commentaires

    1
    Jo
    Jeudi 28 Février à 15:02

    Hello Ghislaine

    Il me semble que le texte est un peu plus allégé mais je me trompe peut-être. je dois dire que j'aime bien, bravo.

    Le condor reviendra  bientôt pour voir l'évolution de la situation et la nouvelle musique des mots.

    Gros bisous

    Jo

      • Jeudi 28 Février à 15:12

        Merci Cher Jo,

        Il est vrais qu'en relisant complètement le roman, je change pas mal de phrases, de mots, de paragraphes entiers. Tu as vu juste mon ami ! Je te remercie pour ta gentille visite. Bisous, Ghis.

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