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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -8-

    Une voix derrière Ludivine, dit avec une intonation de douce raillerie :

    — Aimable compagnie, assurément… Ne peux-tu faire une autre tête, Isabelle ? Et quand cesseras-tu, ma pauvre enfant, de toujours choisir la plus vilaine de tes robes pour venir au salon ?

    Ludivine, détournant légèrement sa jolie tête, dit à mi-voix avec cet air de fausse indulgence :

    — Oh ! Maman, ne l'humilie pas ainsi !

    Je me suis habillée ainsi, jugeant que pour vous rendre mes hommages de l’après-midi, cela était bien suffisant, Mme !

    Oh ! Comment oses-tu !

    ayant cure de sa remarque, Isabelle continua :

    Cela est tout à fait convenable pour le degré de parenté inexistant entre nous, Mme ! Les ancêtres tourangeau issus de la noblesse de France de votre dernier mari, vous permet, de par votre titre, d'accéder à une certaine aisance. Ils vous ont comblé, de par sa fortune personnelle conséquente, mais vos deniers ne servent aucunement à mon entretient, que je sache ! Vous devriez me remercier au lieu de me critiquer ! Qu’avez-vous à faire de ma personne pour avoir, depuis dix ans, éloigné mon père de moi. Dois-je vous rappeler que je ne suis nullement votre fille, ce qui, pour moi, serait fort préjudiciable... votre façon de vouloir vous approprier le nom des de Rubens, n’est pas de mon goût, et ne le sera jamais. Fit Isabelle sachant très bien la réplique qui allait suivre ; mais rien ne vint.

    La comtesse Judith de Rubens, pour une fois, retînt une réplique cruelle à l'attention de la jeune fille, fit un sourire contrarié tout en tendant à William sa main à baiser. Bien qu’il n’en ait pas envie, le jeune comte s’exécuta sachant que la comtesse tenait au protocole. Il se plia donc, de mauvaise grâce à cette coutume qu’il désapprouvait. 

    Mme de Rubens avait, comme je le stipule un peu lus haut, une bouche dont les lèvres peu ourlées, étaient trop fines sur une bouche un peu trop longues, pareille à celles de sa fille, ce qui dénotait, chez elles deux, et sous entendait une méchanceté innée. Leurs lèvres formaient comme un trait et n’avaient rien d’agréable en matière d’esthétisme. Cependant, on oubliait ce défaut devant la séduction de ses yeux d'un bleu-vert également pareil à ceux de sa fille, un peu étrange et sur lesquels tombaient de longs cils noirs. Ses traits n'avaient rien de classique, mais ses yeux, son teint satiné, d'une blancheur laiteuse, ses cheveux auburn comme également ceux de sa fille, suffisaient à composer une beauté somme toute, peu banale, d’une remarquable ressemblance dont elles faisaient étalage en toutes circonstances dans la société où elles évoluaient, fières de leur appartenance à la noblesse et fières de leur beauté qualifiée de peu commune selon les gens du milieu où elles évoluaient.

    Revenant à son envie de blesser Isabelle, la comtesse persifla à l’encontre de sa belle-fille :

    — C'est elle-même qui se met à l'écart, mon enfant, par le peu de convenance qu'elle affiche en venant au salon attifé de la sorte... pour une de Rubens !

    Cette fois, s’en était trop. Isabelle bouillait intérieurement devant tant de mauvaise foi et de méchanceté.

    De son côté, Édith d’Argenson jubilait devant la perspective d’avoir le dernier mot sur la jeune comtesse ; mais c’était mal connaître l'adolescente. A cette réflexion sciemment voulu pour blesser sa belle-fille, celle-ci ne se départie pas de son calme pour rétorquer à sa belle-mère une de ses phrases dont elle avait le secret afin de la déstabiliser. les lèvres d'Isabelle s'entrouvrirent, tout juste pour laisser fuser ces quelques mots cinglants avec cet air de dédain qu'elle savait afficher lorsque, dans sa fierté, elle était piquée au vif. Des mots cinglants, à l’adresse de sa belle-mère, sortirent de sa jolie bouche déjà pulpeuse, mais encore enfantine :

    — Vous vous faites un malin plaisir à m’humilier, mais vous devez bien penser, Mme d'Argenson, que je sais mieux que vous ce qui est indigne d'une de Rubens ! Réfléchissez à la question. Vous devriez, sans peine, trouver la réponse. L’air amusée de la jeune comtesse rendit la deuxième femme de son père encore plus folle de rage devant sa réplique tout à fait de circonstance et non dénuée de bon sens.

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