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    Bien sûr, Adélaïde en avait parlé à sa jeune protégée qui avait bien rit du bon tour que la comtesse défunte : Marie-Marguerite de Rubens, avant de partir pour un autre monde, avait joué à son fils et à sa belle-fille. Dominique n’avait pas, non plus, omis de parler de la cruauté de cette mégère envers le personnel depuis qu'elle était devenue la femme légitime de Mr le comte. Isabelle avait entendu des bruits à ce sujet et savait que le personnel de l’aimait pas. Comme pour donner du poids à ce que Adélie venait de lui confier, Isabelle se jura, à nouveau, de ne jamais trahir sa grand-mère !

    Avant de quitter le salon, la jeune comtesse regarda avec insistance les mains de la d’Argenson : des mains un peu courtes, un peu épaisses, mais admirablement soignées qui sous ce regard insistant, se crispèrent sur sa robe se soie noir où elles reposaient. L’œil inquisiteur de sa belle-fille la dérangeait. Isabelle, connaissant son orgueilleuse belle-mère, osa encore ajouter, ironique  à son égard, cette phrase assassine qu’elle savait, la concernant, être très blessante :

    — Vous avez, madame, à n’en pas douter, des mains très soignées… mais un peut courtes et trop épaisses pour une aristocrate. Vous pouvez vous affubler des toilettes les plus onéreuses, et des bijoux de famille les plus précieux, vous n’aurez jamais, à les porter, la grâce de ma mère, pas plus que ne coulera dans vos veines le noble sang des comtes de Rubens ! Vos titres, vous les avez usurpés, que cela vous convienne… ou non, je suis la dernière vraie comtesse de Rubens, ne vous en déplaise… Les alliances sont bien souvent sources d’ennuis… Et vous en êtes une. Je vous laisse le choix de vos réflexions à ce sujet. Pendant un instant, les paupières aux longs cils cachèrent le regard furieux que cherchait les yeux provocants d’Isabelle.

    Mr de Rubens haussa le ton avec irritation :

    — En voilà assez ! Vas-tu te taire ! Tu as un ton qui ne me plaît guère !

    — Mais c’est le mien, Mr le comte. Vous n’y pourrez rien changer.

    — Petite insolente ! Va-t’en et dit à Adélaïde de venir me parler demain matin, pour que je lui donne les instructions à ton sujet !

    — Bien, Mr ! Comme il vous plaira, Mr ! Répliqua toujours ironiquement Isabelle, nullement impressionnée par le son de sa voix. Après un salut qu’elle voulait impeccable pour faire enrager sa belle-mère afin de lui prouver qu’elle savait très bien se conduire en société si l’entourage ou elle évoluait lui convenait, contrairement à ce qu’elle pouvait en penser puis, après une gracieuse volte faceIsabelle sortit du salon en prenant soin d’adresser un sourire narquois à sa belle-mère folle de rage.

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