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    Il y avait là, des yeux qui se voulaient très doux, sous de longs cils foncés, guettant le moindre signe d’émotion et d’anxiété chez la jeune comtesseIl fallait donc ne rien montrer de ce qu’elle éprouvait en entendant ces paroles qui annonçaient une décision depuis quelques temps, redoutée. Mr de Rubens s’écarta de la fenêtre et se dirigea vers sa fille. La quarantaine le laissait jeune et svelte, toujours aussi séduisant avec un visage légèrement mat, aux traits fins, aux yeux d’un bleu velouté qui, autrefois, avaient pris le cœur de Daphné Meldwin et Peu de temps après, en apparence, celui de Édith d'Argenson. Le comte Rudolph de Rubens était en outre d’une élégance très aristocratique, vraiment très grand seigneur qui n’impressionnait pas du tout sa fille. Il passait pour lettré, s’intéressait à toutes les manifestations artistiques ; mais les mauvaises langues prétendaient qu’il ne fallait voir là, qu’une façade, très utile pour sa réputation mondaine de grand seigneur de Monteuroux. Avec son air très aristocratique, il annonça à sa fille :

    — J’ai reçu ces jours derniers une lettre de ton oncle, Lord Montaigu-Meldwin. Il serait désireux de te connaître et demande que tu passes quelque temps chez lui, à Londres, dans son domaine de Verte-court. J’ai donc décidé que tu partirais le mois prochain avec Adélaïde, chez lui. Je vais écrire à Lord Montaigu de chercher pour toi une excellente pension de jeunes filles où tu recevras l’instruction et l’éducation qu’il te manque.

    Frondeuse, Isabelle persifla encore avec le même petit sourire ironique qui agaçait tant son père :

    — Euh ! Vos finances, ou celles de Mme votre femme vont-elles faire les frais de ma nouvelle éducation, ou bien,  est-ce mon oncle qui va devoir me prendre en charge pendant six ans ?

    — Mais vas-tu arrêter tes sarcasmes !

    — Pourquoi devrais-je arrêter ? dit Isabelle avec cet aplomb peu commun pour une jeune fille de sa son âge. Je ne fais que me préoccuper de mon avenir dont vous êtes si peu soucieux. Vous semblez vous dessaisir un peu trop facilement des responsabilités qui vous incombent. J’en veux pour preuve le peu d’allocation que vous versez à Adélaïde qui puise indéfiniment dans ses revenus personnels pour mon entretien et vous voulez que je sois descente lorsque je me présente au petit salon ?

    — Tu as la langue trop bien pendue, ma fille, et nous allons remédier à cela !

    — Ne trouvez-vous pas qu’il est un peu tard pouexercer vos prérogatives sur l’indisciplinée que je suis, père ?

    — Il n’est jamais trop tard pour redresser un arbuste qui pousse de travers, mon enfant ! C’est pourquoi tu seras en internat. Tu ne sortiras que les fins de semaine, et chez ton oncle. Le contact de sa fille achèvera de faire de toi quelqu’un ayant conscience de la bienséance du moins, nous l’espérons.

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