• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -63-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Elle enveloppa sa belle-fille d’un rapide coup d’œil qui s’attarda sur ses sandales usées et sur ses bas, reprisés à multiples endroits.

    — Toujours aussi mal vêtue, Isabelle ? Vous me faites l’effet d’une pauvresse pour une de Rubens. Vous avez pourtant quelques robes moins affligeantes que celle que vous avez sur le dos ? Mais quel plaisir avez-vous à vous affubler de la sorte ? Vous êtes incorrigible, vraiment !

    Isabelle ne se démonta pas et répliqua :

    — Je suis à mon aise pour faire ce que j’ai à faire. Je n’ai pas à être en représentation toute la sainte journée comme vous et votre fille ! De plus, je ne fais qu’économiser votre argent, Mme, en m’affublant ainsi, comme vous dites. La fortune déclinante de monsieur votre mari servant à entretenir le château, il ne peut guère supporter les frais de mon entretient, et ce , depuis bien des lustres… Adélaïde, avec ses pauvres revenus lui venant de son défunt frère, heureusement, pallie au manque… Accoutrée ainsi, je ne coûte guère, avec mes déplorables vêtements plus que rapiécés et mes ballerines usées jusqu’à ne presque plus avoir de semelles. Je ne dois mon affection et mon respect qu’à une seule personne : celle qui m’a élevée et qui prend soin de moi depuis mes six ans. Ainsi, je ne mets pas en péril vos deniers, Mme la comtesse.

    Quelle suavité dans cette douce voix d’où ne sortaient que des reproches pleins de sous-entendus, afin de mettre son père mal à l’aise. A la réplique cinglante de sa fille, Mr de Rubens la toisa d’un regard courroucé ne pouvant accepter ces cinglantes remarques.

    — Cela devient intolérable, Isabelle ! Tu n’as aucune retenue devant plus âgé que toi, tu ne tiens pas compte des observations que ta mère se donne la peine de te faire pour ton bien.

    — Ma mère ? Mais je n’ai plus de mère, Mr le comte ? Comme je n’ai plus de père, étant donné que ses absences m’ont presque fait oublier son visage et de quoi il avait l’air !

    — Vas-tu te taire ! Qui te permet ?! Fit le comte, hors de lui.

    — Et pour quelle raison me tairais-je ? Vous, Mme, avez pris la place de ma mère et m’avez relégué sciemment, avec l’accord de votre troisième mari, mon père, aux oubliettes. Je vis dans un donjon. Autant dire, que les oubliettes sont d’actualité ! Pratique pour ne pas s’encombrer d’une enfant de six ans qui, en grandissant, est encore plus coûteuse à entretenir ! N’est-ce pas, Mr le comte ?

    — Tu as un aplomb, ma fille ! Ce que je fais de mon argent ne regarde que moi, Isabelle !

    — Oh ! Je ne le sais que trop ! Je suis si insignifiante ! N’est-ce pas, Mme ! Seule votre fille compte au point de m’avoir éliminé de l’existence du père auquel, légitimement, je croyais avoir droit ! Je suis telle que vous désirez que je sois : une laissée pour compte, et votre plaisir à le détourner de moi, vous satisfait au plus haut point, du moment que je ne suis pas légitimement à la place qui devrait être la mienne au lieu de votre fille qui accapare toute son attention ! 

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  • Commentaires

    1
    Jo le condor
    Vendredi 2 Novembre 2018 à 14:34

    Hello Ghislaine

    J'étais inquiet car je ne pouvais plus accéder à ton site

    Ekla me disait que le site était fermé, encore un bug Informatique.

    Bon nous sommes arrivés au stade des règlements de compte, hihihi

    La laissée pour compte ne vas pas s'en laisser compter.

    gros bisous

    Jo

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