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    Le désintéressement de la jeune comtesse était un des traits génétiques des de Rubens, et elle le poussait à l’extrême. Bien trop désintéressée parfois. Pensait Adélaïde, car il fallait pouvoir subvenir à son devenir… En effet : pas une fois Isabelle n’avait songé que les bijoux donnés par sa grand-mère étaient inestimables. Cela ne lui avait même pas effleuré l’esprit qu’elle pourrait en jouir plus tard lorsqu’elle aurait atteint sa majorité. Elle considérait seulement qu’elle en était la dépositaire et qu’elle se devait de les soustraire à la cupidité de sa marâtre. Pour la jeune fille, cette pensée la rassurait et lui procurait une immense satisfaction. Dans le silence où Isabelle s’engourdissait un peu, la voix d’Adélaïde vint la faire tressaillir :

    Isabelle ! Êtes-vous par ici ? Votre père vous demande.

    La jeune fille bondit hors de sa cachette jusque dans la cour où sa préceptrice et marraine venait de s’arrêter, tout près de l’antique bassin desséché.

    Qu’y a-t-il, Adélie ?

    Mr Le comte vous demande, ma chère enfant.

    Les fins sourcils d’Isabelle se froncèrent et ses yeux, tout à l’heure si sereins, s’assombrirent.

    Que me veut-il ?

    Je n’en sais pas plus, malheureusement. Il vous attend dans le petit salon. Isabelle dit ironiquement :

    Je vois... ma belle-mère sera là et l’on va me juger sur ma conduite, comme d’habitude... Une condamnation, naturellement, parce que je n’ai pu supporter plus longtemps cette comédie…

    Adélaïde regarda avec effarement la jeune Isabelle.

    Une comédie ? Quelle comédie ?

    Éludant sciemment la question, Isabelle se dirigea vers le salon où on l’attendait sans se soucier de ce que Adélie lui avait posé comme question. Celle-ci lui recommanda de s’apprêter un peu mieux sans grande conviction sur le résulta, sachant que la jeune fille n'en ferait qu'à sa tête. Néanmoins elle lui cria en la voyant disparaître  de sa vue :

    Recoiffez-vous un peu avant de vous retrouvez devant eux, et mettez des chaussures convenables...

    Mais Isabelle n’entendait plus rien. Près du grand salon se trouvait une petite pièce décorée de glaces en pieds, où trônait un fauteuil Louis XVI. Cette pièce donnait sur un petit bureau d’où Édith d'Argenson régentait le domaine. De forts beaux meubles anciens l’ornaient, et des fleurs y étaient déposées chaque jour en abondance. Édith d’Argenson en avait fait son domaine favori.

    Quand Isabelle entra dans le salon, la comtesse, vêtue d’une vaporeuse robe noire se trouvait enfoncée dans un profond fauteuil bergère. Elle conversait avec son mari, debout près d’une porte fenêtre donnant sur la terrasse.

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