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    Cette année, ces dames partiraient un peu plus tard : ce qui n’était pas une chose commune. Isabelle n’appréciait guère la décision qu’elles venaient de prendre à cause du mariage qui était de nouveau d’actualité. Ludivine se marierait le 15 Octobre, dans la petite église du village. Un mariage simple, disait sa belle-mère. Simple comme elles ne l’étaient pas du tout... La physionomie d’Isabelle se renfrogna à la pensée de ce mariage. Un rire rageur s’étouffa dans sa gorge. Dominique, mit au courant par les domestiques du château qui avaient parfaitement tout entendu de l’affrontement entre la d’Argenson et William, avait tout rapporté à Adélaïde. Quant à Isabelle, elle n’était pas du tout satisfaite du revirement concernant son cousin. La belle Édith, après une longue discussion assez orageuse avec son futur gendre, avait encore réussi à retourner la situation et a persuader son mari ainsi que la mère de William de faire leur possible auprès du jeune comte afin qu’il accepte les excuses de Ludivine pour sa conduite qui avait amené celui-ci à rompre leurs fiançailles au sujet de la dispute qu’ils avaient eu sur les berges de l’étang-aux-ormes. Sans nul doute, pour contenter sa mère qui tenait tant à cette union, et à bout de patience, William, sans grande conviction, avait cédé, se disant que ce mariage, pour lui, n’était autre qu’un mariage de convenance. Ludivine s'imposait comme seule prétendante et les affaires de cœur, William ne connaissait pas : Il n’avait pas le temps, prit par le travail de la terre qu’imposaient les saisons, de se perdre en conjectures et de chercher une fiancée à son goût. Ses responsabilités ne le lui permettaient pas de courtiser d’autres jeune filles à marier. De plus, il était le seul à pouvoir, pour le moment, donner une descendance aux de Rubens alors, elle ou une autre, sans doute que peu lui importait son choix ? Décidément, Isabelle n'était pas d'accords en ce qui concernait le revirement de son cousin ; mais elle se gardait bien de donner son avis à Adélaïde, ce qui ne l’empêchait pas de critiquer la décision de celui-ci au sujet de cette peste de Ludivine. Elle était adroite la d'Argenson ! Quand elle avait quelque chose en tête, aucun obstacle ne pouvait la faire changer d'avis !

    — Ah ! Les hommes ! Ne pu s’empêcher de marmonner la jeune comtesse. Pourquoi ne lui avait-il pas tenu tête plus que cela ? Apparemment, il n’aime pas Ludivine. Après ce que j'ai entendu sur les berges de l'étang... Ses conclusions, elle en était sûr, n’étaient autres qu’un mariage arrangé. En tout cas, ma belle-mère n’aura pas les joyaux de l’aïeule Orientale !

    Celle-ci ne  pourrait jamais se douter, pas même son père, que c’était elle, Isabelle la mal aimée, la paria, la sauvageonne qui en était la détentrice ! Quel bon tour Aurélie de Rubens leurs avait joué, là ! Isabelle jubilait de les priver de cette fortune que sa belle-mère désiraient tant s’accaparer.

    Un peu moins secret que sa sœur Angèle, Dominique avait mis Adélaïde au courant des recherches que la comtesse avait entrepris dans toute la chambre de la comtesse défunte concernant les joyaux, et sans tenir compte, après sa journée de travail, de sa fatigue, elle l’avait obligé à chercher partout et dans les moindres recoins des pièces, maintenant vides, jusqu’à une heure tardive de la soirée. Adélaïde savait, maintenant, que la défunte comtesse léguait à ses deux fidèles domestiques et à sa dame de compagnie, une rente de quatre mille francs mensuels. Par contre, elle ignorait si Mme de Rubens avait pris des dispositions particulières pour sa petite fille. Adélaïde ne s’étonna pas que sa grand-mère l’ait exclu de son testament. Peu lui importait cet oubli volontaire de la part de l’aïeule : Ce qui l’inquiétait était de savoir si Isabelle en avait été exclu, elle aussi : Si ce n’était pas le cas ? Cela aiderait la jeune fille pour son avenir ? La jeune comtesse ne s’en souciait guère, car elle avait encore toute l’inexpérience d’une jeunesse tenue à l’écart du fonctionnement d’une société puritaine en apparence, mais avide de pouvoir, n’existant que par leur fortune dont elles aimaient faire montreafin d’obtenir titre et considération, faisant grand cas des partis à épouser, bien avant la personnalité de l’homme. Le sang, le rang et la particule : signe de noblesse, les terres, les biens en valeurs sonnantes et trébuchantes, pour ces aristocrates, cela valaient plus qu’une union par amour.

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