• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -60-

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    Le surlendemain de sa dernière entrevue avec Adélie, alors que l’après-midi était déjà bien avancé, Isabelle s’en alla vers la vieille salle de l’ancien château où elle aimait travailler pendant les jours d’été. Là, elle était sûre de ne pas rencontrer sa belle-mère ou Ludivine. Assise sur l’appui de la baie ogivale, elle regardait la vallée, la noble perspective des hauteurs en partie couverte de bois et de forêts. Le ciel voilé ne donnait qu’une lumière atténuée dont la douceur détendait quelque peu les nerfs de la jeune fille. Un silence feutré par les effets de ce temps maussade l’enveloppait. De temps à autre, elle tricotait, mais le plus souvent, elle restait songeuse, ses yeux errant devant le paysage familier. A droite, dans la vallée, un bouquet d’arbres cachait Aiguë-blanche : la demeure de Mme Catherine de Rubens, veuve de Mr le baron de Beau-levant dont elle ne voulait plus porter le patronyme tant il s’était rendu indigne d’elle. En tant que mère de William, elle ne s’occupait plus du tout de l’exploitation agricole. Des deux enfants qu’elle avait eu de son premier mariage, elle n’en n’avait aucun à sa charge. André, son autre fils, était infirme et sa fille, du même âge qu' Isabelle, se prénommait Juliette : ce qui lui seyait très bien, vivait chez une de ses tantes en Angleterre. L’adolescente ne venait chez sa mère qu’une fois par an pendant les vacances d’été. Isabelle ne les connaissait que très peu, car depuis longtemps, Catherine de Rubens ne l’invitait plus à accompagner sa belle-mère suivit de sa fille quand celles-ci lui rendaient visite. Sa réputation de jeune fille sauvage et insoumise avait vite fait de dissuader la dame de s’affliger le spectacle d’une tenue dont le laisser-aller lui aurait fait honte. Les apparences comptaient plus que tout chez elle ! Il n’échappait pas à la jeune comtesse que Catherine de Rubens, lors de rencontres fortuites, lui témoignait une malveillance à peine déguisée. Isabelle connaissait l’influence que sa marâtre exerçait sur cette femme crédule qui ne savait porter son propre jugement sur elle, tout comme son père et William. Tout trois se laissaient convaincre par le mauvais esprit de ces deux diablesses. Ces personnes qui étaient quand même de la même lignée qu’elle et qui, autrefois, était en très bonnes relations avec sa mère, semblaient complètement l’ignorer maintenant. Pour ne pas montrer son désarroi et sa souffrance, Isabelle leur opposait une apparente impassibilité, déjouant ainsi leurs hypocrites manœuvres destinées à lui nuire. Elle avait conscience de ne pas se comporter comme ils aimeraient qu’elle se tienne en société, mais c’était, là, sa seule défense contre eux. Leurs médisances à son encontre ne la touchaient guère. Il était dur, parfois, de maintenir cette attitude fermée, agressive et frondeuse afin de leurs tenir tête au mépris affiché quant à sa personne, et pour cacher sa peine, Isabelle qui avait comprit leur plan destiné à la détruire aupré de sa propre famille germaine !  devenait, à leur contact, encore plus désagréable et pour ne pas à avoir à supporter leurs réflexions désobligeantes, par n’importe quels moyens, elle les évitait. Quand à rentrer dans le rang des jeunes filles obéissantes, sachant se tenir en société afin de leurs plaire, cela ne lui arriverait jamais.

    Avec quelle joie elle voyait, la mère et la fille, plier baguage chaque année, au début de l’automne ! Les trois mois ou elles séjournaient à Monteuroux lui semblaient interminables, tandis que les autres mois passaient à une vitesse incroyable malgré cette vie de solitude austère durant le dur hiver.

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