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    Isabelle eut un geste las qui en disait long sur ce qu’elle pensait des ces êtres vils avec une morale tout à fait douteuse comme l’était la famille des de Rubens dans son ensemble. Elle dit d’une toute petite voix :

    Cela n’a aucune importance Adélie, je suis très peu connue ! Je pense que l’on ne s’est même pas aperçu de mon absence. Je fais partie de ceux qui ont si peu d’importance...

    Je crois que vous vous trompez, au contraire, que vous allez avoir droit à des observations, mon enfant.

    Ah ! De ma belle-mère, et sûrement de mon père comme à l’accoutumé ? Je n’en ai que faire. Un sourire méprisant souleva la lèvre supérieur d’Isabelle.

    Et bien ! Je les écouterai, comme d’habitude, et je ne m’en porterai pas plus mal.

    Elle n’aura pas tout à fait tort en la circonstance de vous réprimander. Votre place était à côté de votre père, Isabelle.

    Oh ! Mon père...

    Que vous n’aimiez pas votre belle-famille est une chose, mais vous vous deviez d’être auprès de votre seul parent direct : votre père. Il faut vous habituer à ne plus agir telle une petite sauvageonne.

    A qui la faute si je suis devenue ainsi. Mon père m’a délaissé au profit de sa nouvelle famille sans aucun remord pour l’enfant que j’étais.

    Isabelle montra soudain de la colère en invectivant sa marraine tout en se redressant du fauteuil où elle s’était laissée choir en entrant dans sa chambre.

    Je serai toujours une sauvage, Adélie. Je ne veux pas vivre dans ce monde ! Si j’étais un homme, je me retirerais dans un lieu désert, comme les ermites d’autrefois !

    Adélaïde considérait avec perplexité la mince figure tendue, les beaux yeux d’un vert noisette reflétant un immense désespoir. Elle sentit que quelque chose n’allait pas ; qu’il y avait, dans son attitude, une anormalité dans son comportement ? Elle en avait une vague impression qui lui faisait peur. Une sourde colère avait envahi l’esprit de la jeune fille. Ce quelque chose qui avait certainement un rapport avec la mort de sa grand-mère. Elle trouvait Isabelle changée, d’humeur plus belliqueuse, plus silencieuse aussi, mais elle n’en saisissait pas  encore la raison et se posait bien des questions : Isabelle lui cachait quelque chose. Que lui cachait-elle ? Elle osa le lui demander :

    Qu’est-ce qui vous tourmente ma chère petite ? Qu’avez-vous donc ? Que vous a-t-on fait ?

    Tout en lui posant la question, imperceptiblement, Adélaïde penchait son visage inquiet vers celui d’Isabelle. Sa protégée se leva d’un bon et lui entoura le cou de ses bras.

    Je trouve que le monde est hideux, affreux de méchanceté, mais vous êtes là, ma chère Adélie pour m’aider à le supporter ! Vous ne me quitterez pas, Adélie ? Jamais ! N’est-ce pas ?

    Quelle idée, Isabelle ! Je ne vous quitterais pas de mon plein gré, tout au moins. Il n’y a que si je devais partir pour un ailleurs, ou si l’on vous envoyait en pension pour jeunes filles désargentées...

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