• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -56-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Sous la voûte romane, soutenue par de lourds piliers, s’alignaient des sarcophages de pierre. Les porteurs déposèrent le cercueil sur des tréteaux que la famille et les serviteurs entourèrent tandis que le prêtre disait les dernières prières à la lueur des cierges ancrés dans les anciennes appliques d’argent encastrées, elles mêmes, dans les épais murs de la crypte. Isabelle, deux fois par an, à la Toussaint et le 15 Juillet, anniversaire de la mort de sa mère, descendait avec Adélaïde dans cette lugubre crypte où les anciens défunts et propriétaires du château de Monteuroux reposaient depuis des siècles, suivit, par la suite, des propres ancêtres : ascendants et descendants beaucoup plus près deux, qui s'en étaient allés bien avant l’heure, la cause en étant le plus souvent la maladie pour plusieurs de leurs membres ou la mort les avait emporté vers un autre monde. Isabelle pensait sincèrement qu'ils étaient en paix à présent, mais n’y pénétrait pas sans un serrement de cœur, car l’atmosphère y était pesante et la crypte sombre. Aujourd’hui, la même sensation l’étreignait devant ce cercueil de chêne qui renfermait l’altière comtesse Marie-Marguerite et son sourire haineux qui en disait long sur ce qu'elle emportait dans sa tombe...

    En levant les yeux, elle vit son père devenue presque un étranger pour elle, le visage défait. Son beau visage très fin était pâle et contracté. Ses paupières baissées ne laissaient pas voir son regard. Pensait-il, lui aussi, à ce sourire qui avait quelque chose de néfaste en soit ? Pensait-il à cet instant comme Isabelle ? Jamais il ne pourrait oublier les traits de sa mère au moment de son dernier souffle.

    Elle détourna les yeux de ce père qui l’avait complètement négligé. Maintenant, elle regardait sa belle mère qui prenait le goupillon des mains de son mari. Elle avait un visage de circonstance et sa douceur feinte ne trompait pas la jeune fille revoyant ce visage tel qu’il était, empreint de méchanceté et de cupidité qui, pour la première fois, ne se sachant pas observée, ne dissimulait rien de sa cupidité en se dévoilant, sans s'en rendre compte à la jeune comtesse.

    Elle avait observé ce même visage rendu méconnaissable par l’avidité dans la chambre de son aïeule et elle entendait toujours les paroles pleine de rage que cette harpie avait prononcé sans aucune considération pour la mourante alors qu’elle cherchait les fameux bijoux de la princesse orientale. Isabelle était écœurée et l’envie de prendre la fuite la démangeait. Ne plus voir cette mégère et son père qu’elle avait pourtant tant aimé lorsque, toute petite fille, elle se blottissait contre lui et qu’il l’entourait de ses bras avec tendresse. Il l’appelait en ce temps-là : Ma petite fille chérie, ma petite chérie. Il l’écoutait babiller et s’en enchantait. A ce moment-là, Daphné était en vie. Mais Daphné, à cette heure, n’était plus. La d'Argenson l’avait remplacé très rapidement auprès de ce père tant aimé, mais si faible devant le sourire de cette femme sachant s’y prendre pour le séduire avant qu’elle ne prenne définitivement la place de sa pauvre mère...

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