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    Isabelle ramena tout contre son visage le voile de crêpe noir pour ne pas sentir le parfum capiteux, hors de prix, dont sa belle-mère se servait. Vers sa droite, Mme de Beau-levant, maigre et blonde, avec un visage fané, fatigué, tenait ouvert son livre de messe, mais il restait toujours à la même page. Encore une qui se laissait prendre par le charme hypocrite et sournois de la deuxième femme du comte et de Ludivine de Richemont, sa fille.

    Mr de Richemont avait été le premier mari de cette d'Argenson, emporté par une maladie qui s’éternisait. Il avait eu le temps de régulariser son testament et laissé à parts égales entre sa femme et sa fille, un héritage composé de biens immobiliers, de terres cultivables dont les fermages rapportaient bien, ainsi que des liquidités très, très substantielles !

    En deuxième noces, Édith de Richemont avait épousé le vicomte d'Argenson avant que celui-ci ne décède deux ans après leur union. Alors seule héritière, elle avait profité de ses biens qui étaient assez conséquents malgré les frais inhérents à cette deuxième succession dont l’opportunité était plus que bien venue ! Voir sa fortune grossir lui apporta une certaine satisfaction. Le comte de Rubens, était donc son troisième époux. Il était moins argenté que ses deux premiers maris, mais il y avait du potentiel à venir qu’elle ne tenait pas à négliger. Isabelle avait  ressentit et vu de ses propres yeux, sa cupidité alimenté par ce qu’elle avait derrière la tête.

    L’argent... L’argent ! Isabelle en détestait instinctivement le mot, bien qu’elle ne connût pas encore à fond les bassesses dont les gens étaient capables pour en avoir toujours plus.

    La jeune fille aimait sa pauvreté et même, elle en était fière, comme si, en elle, se ressentait une supériorité morale sur sa belle mère et sa fille. Sa marâtre l’avait peut être deviné, car plus d’une fois elle l’avait tentée en lui offrant la possibilité d’avoir les mêmes toilettes élégantes que sa fille  qu'elle lui proposait avec un sourire railleur, critiquant d'un ai hypocrite sa mise très modeste ; mais Isabelle n’était pas tombée dans le piège.

    Ah ! Plutôt mendier son pain que de devoir quelque chose à cette Édith ! Pensait-elle.

    L’obligation de rester auprès de Mme de Rubens pendant la cérémonie funèbre, produisait chez Isabelle un profond malaise qu’elle avait du mal à réprimer. Aussi, éprouva t-elle un vif soulagement quand les assistants quittèrent leur place pour suivre le cercueil que l’on s’apprêtait à descendre dans la crypte.

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