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    Chapitre 4

    Ce fut dans ce couloir où l’on ne voyait pratiquement rien qu’Isabelle, toujours perplexe sur ce qu’elle devait faire en pareille circonstance, décida d'y pénétrer. Que dirait son père en la voyant paraître ? Pourtant, il lui semblait être de son devoir d’être présente au chevet de son aïeule à l'agonie. Après tout, elle était aussi une de Rubens, même si elle comptait peu pour son père, et encore moins pour son usurpatrice de belle-mère très imbue de sa personne et qui n’attendait que la mort de la vieille comtesse pour, à tout prix, essayer de trouver le fameux trésor. Elle avait toujours entendu parler de ce trésor par Rudolph, mais n’en avait jamais vu la couleur. Sa convoitise au sujet de ces fameux bijoux d’une valeur se chiffrant à des centaines de millions, l’obsédait. Isabelle devina ce que son père essayait de savoir. Elle comprenait très exactement pourquoi il était au chevet de sa mère, et ce n’était pas par affection. Oh ! Non ! Il s’agissait des bijoux de la princesse Orientale dont les origines se trouvaient être les Indes Orientales : à l'époque, Colonie Anglaise.

    Rudolph de Rubens était assis à son chevet, penché vers la mourante, pour lui extorquer ce qu'il désirait savoir avant qu'elle ne rende l'âme. Comme Isabelle approchait doucement, elle entendit la voix de celui-ci, impérative et suppliante à la fois :

    — Ma mère, vous devez me le dire ! Pensez-donc, s’il me faut déclarer la valeur de ces bijoux, que me restera-t-il, une fois les droits payés ? Tandis que si vous me les remettez maintenant…

    Isabelle écarta doucement une des portières, pouvant ainsi voir le lit de sa grand-mère, le visage violacé, les paupières clauses, et les lèvres entrouvertes. Rudolph de Rubens, penché vers la mourante, presque à lui toucher le visage pour mieux l’entendre, insistait lourdement. Allait-elle enfin se décider à ouvrir la bouche pour lâcher les renseignements tant désirés, destinés à le mener à la cachette où devait se trouver le trésor tant convoité ? Isabelle observait attentivement son père qui continuait à lui parler en pressant une de ses mains dans les siennes pour mieux l’amadouer, mais rien ne semblait émouvoir la l'agonisante. Par instant, la jeune comtesse ne pouvait apercevoir le visage de sa grand-mère en entier, mais elle entendait de nouveau cette voix pressé, haletante, supplier :

    — Mère ! Je vous en prie ! Je vous supplie de me confier la cachette de ce trésor ! Voyons, ma mère, vous pouvez me dire un mot... me faire un signe ? Où sont ces bijoux ? J’en remettrai une partie à Victoria, naturellement, si telle est votre volonté, bien qu’elle n’en ait nul besoin, dans sa situation. Mais dites-moi où je les trouverai… Vous n’avez jamais voulu me confier tout ou partie de cet héritage que votre père vous a laissé.

    Entendant cela, la jeune adolescente crispa ses mains sur le battant de cette portière artistiquement sculptée de chimères beaucoup plus petite qu’entourait cette autre immense porte de bois également travaillée avec talentLà-bas, à l’extrémité de la chambre, apparaissait la souple silhouette de la d’Argenson, vêtue d’une robe fourreau de crêpe jaune pâle. Elle semblait glisser sur le vieux tapis d’Orient élimé de toutes parts. Elle avait les lèvres pincées, les yeux chargés d’une âpre inquiétude qui lui durcissaient étrangement les traits. A la vue de sa femme faisant son entrée pour la première fois dans la chambre de sa belle-mère, Rudolph se redressa : Il se retrouva tournant ainsi le dos à sa fille.

    Édith d’Argenson, tout en avançant près du lit de la mourante, demanda d’une voix qui persiflait, animée par l'envie qu'elle avait de tomber sur les fameux bijoux :

    — Vous n’avez pas réussi ?

    — Non ! Je crois du reste qu’elle ne peut plus parler.

    — Elle ne peut plus ? Allons donc, si elle le voulait !

    Jamais Isabelle ne devait oublier la haineuse fureur contenue dans la voix et le regard qui se dirigeait vers celle qui ne l’avait jamais accepté comme belle-filleÉdith d’Argenson lui en voulait terriblement de cet affront et ne la portait pas non plus dans son cœur. Ce qu’elle désirait par dessus tout, c’était de connaître la cachette du fameux trésor pour pouvoir en profiter. Sa cupidité se fichait des convention. Elle n’affichait aucun respect devant le lit mortuaire de sa belle-mère dont elle n’avait rien à faire. Ce qui lui importait était de trouver les bijoux le plus rapidement possible et pour arriver à ses fins, elle devait convaincre son mari de passer outre les convenances :

    — Il ne nous reste plus qu’à espérer les trouver en commençant les fouilles dès maintenant ?

    — Dès maintenant ?

    Isabelle remarqua une hésitation dans la voix de son père :

    — Vous ne respectez donc rien dit-il tout bas. Mieux vaut attendre qu’elle…

    — Il n'y a rien à respecter ! Votre mère m’a t-elle respecté, elle ? Et puis, on ne peut savoir si les domestiques ne prendraient pas les devants. Je sonne Angèle pour qu’elle nous remette les clefs du secrétaire. Je veux pouvoir fouiller cette chambre qui sent la mort à ma guise.

    Cette Édith d’Argenson ne vivait, à cet instant, que pour dénichait ce qu’elle convoitait depuis tant d'années sans pour autant arriver à ses fins. Elle savait que la vielle comtesse était tenace et ne lâcherait rien jusqu'à son dernier soupir. Pousser par la convoitise de sa femme, Rudolph en était quitte pour chercher avec elle la cachette secrète qui abritait les précieux bijoux. Isabelle avait honte  pour son père de le voir réduit aux ordres et caprices de sa femme.

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