• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -48-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Elle ne voulais pas croire qu'il ait changé d'avis à son égard. Était-il devenu, sinon un ennemi, du moins un adversaire. Elle ne pensait pas que, d’avoir pris, pour une fois, sa défense, son opinion sur elle s’éterniserait en csens et dans le temps. Isabelle se défendait de tenir compte de cette scène surprise bien involontairement sur les bords de l’étang aux-ormesse méfiant de la perversité de la d’Argenson bien trop habile à retourner n’importes quelles situations scabreuses. Ce qu’il venait de se passer, n’était qu’un intermède pour elle, et pour ne pas souffrir plus quà son habitude, sa méfiance reprenait vite le dessus. Elle resterait sur ses gardes s’il devait encore changer d’attitude envers elle. Elle se passerait donc de sa sympathie. La jeune fille, sortit du pavillon, demeura un moment immobile, pensive, les yeux fixés sur l’eau sombre de l’étang. Les roseaux frissonnaient sous la brise du soir. Isabelle ne sentait pas la fraîcheur qui tombait sur ses jeunes épaules. Les mains serrées sur son album à dessins, elle était comme pétrifiée par une souffrance intérieure indescriptible. Comme une réponse à son chagrin, un murmure se fit entendre que, sur le moment, elle ne comprît pas, puis elle entendit de nouveau ce murmure et cette fois, bien distinct à ses oreilles :

    — Isabelle... n'ait pas peur... approche-toi doucement...

    Son prénom semblait flotter dans l’air. Était-ce une illusion ? Cette voix l'attirait vers l'eau. Pourquoi son prénom ? Qui l’appelait ? Pour la troisième fois, l’adolescente entendit son prénom. Cette fois, il n’y avait plus de doute : cette voix de femme d'une douceur infini l’appelait. Elle venait bien de l’étang, ce qui était impossible pour quelqu'un de rationnel ! Isabelle douta de sa raison, mais elle se trouvait assez proche du bord pour y deviner un visage qui ressemblait étrangement à celui de sa mère. Depuis qu’elle avait appris son tragique accident, elle venait constamment devant cette pièce d’eau, traumatisée par cette tragédie qu'on lui avait caché depuis tant d'année. Ludivine de Richemont avait évoqué bien cruellement sa mère, et ne s’était pas gênée pour la dénigrer. Était-ce le résultat de toutes ses critiques qui faisait qu’Isabelle apercevait le visage tant aimé de sa mère là où elle avait disparu ? Tant de questions se pressaient dans son esprit torturé. Afin d’être sûre qu’elle n’avait pas imaginé tout ceci, Isabelle se pencha un peu plus vers cette eau qui l’attirait d’une manière plus qu’étrange, mais la vision s’était évanouie comme par enchantement, laissant échapper dans un murmure :

    — N'ai pas peur de moi, ma fille...

    Un profond silence se fît. De petites vaguelettes troublaient l’eau qu'elle fixait. Isabelle ne distinguait plus rien que l’ombre de Daphné de Rubens qui planait encore sur l’étang-aux-ormes. La jeune comtesse se fit violence pour ne pas douter de sa raison. Pourtant, elle avait bien distingué ce doux visage tant aimé de ses propres yeux... Impossible de le nier ! Elle était sûre de ce qu’elle venait de d’apercevoir ! Toute retournée, Isabelle s’éloigna, à regret de la pièce d’eau en direction du château par le chemin le plus broussailleux, de façon à ne pas rencontrer ces deux tourtereaux mal assortis. Elle nourrissait trop de rancœur contre Ludivine, et même si William avait pris sa défense, elle se devait d’être prudente. Quand elle fut en vue du parterre inférieur, elle jeta vers les alentours un coup d’œil méfiant. Non, ils n’étaient pas là... L’autre parterre paraissait tout aussi désert que celui qu’elle venait d’inspecter. Seul le vieux chien de chasse tout maigre, boiteux et pas loin de sa fin de vie, arpentait les plates-bandes sommairement entretenues. Il vint vers Isabelle qui lui donna une caresse distraite avant de se diriger vers la vieille tour qui était son seul refuge. La porte à l’ordinaire fermée, était ouverte, et comme Isabelle passait toujours par la salle d’armes, empruntant les escaliers, elle vit surgir Dominique, le domestique de la comtesse Marie-Marguerite avec sa face peu avenante, aussi figée qu’inexpressive que le visage de sa sœur Angèle. Il avait, cette fois, contrairement à l’ordinaire, une toute autre expression qui ne présageait rien de bon. Isabelle le remarqua aussitôt.

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