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    Depuis cet instant fatal où elle avait appris la mort tragique de sa mère par la comtesse Ludivine de Richemont, Isabelle considérait la pièce d’eau comme une sorte de lieu de pèlerinage. Elle se devait de venir, chaque fois que cela lui était possible, s’asseoir dans l’herbe, devant cet étang, elle repensait à sa mère morte, bêtement, noyée, sans personne pour la secourir. Elle imaginait la scène tout en frissonnant d’horreur. Quelle mort affreuse ! Pensa Isabelle. Comme elle a dû avoir peur avant de s’enfoncer définitivement dans l’eau froide, sombre et profonde et surtout dans le noir complet de la nuit déjà bien avancée. La blondeur de sa chère mère aux grands yeux pensifs dont le portrait ornait sa chambre, lui faisait penser à son contraire aux cheveux diaboliquement noir corbeau qu’elle ne supportait pas. Le portrait de sa mère était l’unique lien qui la reliait à elle. Tous les soirs et chaque matin à son levé, Isabelle lui parlait. Elle sentait que sa mère la protégeait et l’aimait. Daphné et Isabelle, par l’intermédiaire de ce tableau, n’avaient jamais été vraiment séparées.

    Il existait, au bord de cet étang, un vieux pavillon à demi ruiné par l’humidité et le manque d’entretien ; mais qui avait conservé les lignes élégantes des constructions du 18 ème siècle. A l’intérieur, subsistaient encore quelques-unes des boiseries sculptées et recouvertes d’une fine couche d’or presque effacée, ainsi que de fines peintures dont on l’avait autrefois décoré. Tout était silencieux et parfois, le désagréable cri d’un animal blessé déchirant l’air, parvenait jusqu’à la jeune fille. A un moment donné, la musicalité d'un léger rire de femme s’éleva, et troubla le silence, frappant l’oreille de la jeune comtesse. Elle tressaillit et le crayon que ses doigts tenaient fermement s’arrêta net. Isabelle reconnu le rire cristallin de Ludivine. Que faisait-elle dans cet endroit qui ne lui étaient pas familier ? Elle n’y venait jamais. Ce lieu n’était pas hospitalier pour cette péronnelle ! Les lèvres serrées, la jeune comtesse se leva, gravit rapidement les quelques marches qui la séparait du pavillon. Elle repoussa les battants de la porte vitrée ouvrant de ce côté-ci de l’étang, et pénétra à l'intérieur. La pièce, dallée en damier de marbre noir et blanc, lui donnait des airs de demeures seigneuriales. Le pavillon avait des murs recouverts de panneaux en bois de rose agrémentées de dorures qui étaient, elles aussi, détériorées par l’humidité. Cette humidité provenant de la résurgence diffuse de sources souterraines se trouvant en amont, nouvellement apparu, par endroit, en surface, décollaient les sculptures pourtant vielles de plusieurs, siècles. Les conséquences désastreuses de ces sources, abîmaient considérablement les panneaux décorés, encadrant l’une des très grandes pièces qui se trouvait être en fort mauvais état. Le plafond, lui aussi, était extrêmement endommagé, mais on y discernait encore quelques vagues formes mythologiques. Trois portes vitrées, pareilles à celles qu’Isabelle venait de franchir, donnaient sur les autres façades du pavillon. La jeune fille s’approcha de l’une d’elle, l’entrouvrit sans bruit, et tendit l’oreille. Un peu plus loin, sur  le chemin menant à l'étang, venaient de s’arrêter deux personnes : Ludivine de Richemont et William de Rubens-Gortzinski. Elle minaudait la demoiselle, certaine de son pouvoir de séduction ! Ses mots se voulurent caressants, lorsqu’elle prononça ces quelques paroles :

    — Nous irons où vous voudrez, William chéri. Nous pourrons même attendre l’hiver pour notre voyage de noces afin d’avoir plus de temps jusqu’à ce moment où votre travail vous laissera quelque liberté.

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