• Le mystère de l'étang-aux-ormes .Page -4-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -7- 

    Ce fut vers l'une de ces hautes portes fenêtres que se dirigea Isabelle. Son corps souple, avait une grâce singulière : une aura presque surnaturelle. Un léger sourire détendait ses lèvres finement ourlées. Elle entra dans la pièce offrant à son regard un grand salon aux boiseries d'ébène artistiquement sculptées. Son regard en fît le tour et s'arrêta sur une causeuse aux coussins froissés, puis, plus longuement, sur une table ronde au pied central. Sur cette table, se côtoyaient revues, broderies commencées, et au centre, trônait un petit cendrier de cristal où se consumait une cigarette blonde dans un fume-cigarette. Dès que le seuil de la porte fut franchit, sur la beauté expressive de son visage, un voile semblait, tout à coup, avoir été tiré. Ce fut une jeune fille un peu figée, au regard glacé, qui daigna formuler un bref :

    — Bonsoir, William. Au jeune homme en tenue de cheval subitement apparu dans le salon.

    — Vous, ici ? Isabelle ? Fit-il surpris.

    — Oui. Pourquoi ne serais-je pas à cet endroit ?

    Un défi se sentait dans la voix encore enfantine de la jeune fille.

    Le jeune homme interloqué par cette rebuffade à peine déguisée, ajouta d’un ton identique à celui qu’avait employé sa cousine Germaine :

    — Cette tenue n'est pas très indiquée pour paraître au salon.

    D'un air désapprobateur et ironique, William toisa la jeune fille qui ne parut pas s'en émouvoir. A son tour, elle toisa le jeune homme qui la regardait avec un air condescendant. Celui-ci portait avec élégance un costume quelque peu usé comme l'était également les gants élimés qu'il avait retiré de ses mains. La jeune fille ne se départie pas de son calme et, à son tour, lui décocha une réplique comme elle en avait le secret :

    — Votre accoutrement n’est pas moins usé que le mien, et pourtant, vous êtes dans ce même salon, me semble t'il. Je me trouve, donc, très bien comme je suis, et tout à fait à ma place en tant qu’une de Rubens ! Du reste, combien me faudrait-il pour renouveler ma garde-robe ? Vous savez très bien que ce n'est guère possible : Mon père n’a pas les fonds nécessaires rien que pour ma petite personne qui est très insignifiante à ses yeux ! Bien sûr que je pourrais être habillée de neuf par Mme d'Argenson, si je me pliais à ses exigences, et je serais à même d’obtenir, à nouveau, l’affection de mon père, s’il ne se laissait pas manipuler par elle : comme vous, par exemple, et Mme votre mère... Mais voilà : je ne veux pas me plier à ce qu’elle désire faire de moi. Les fausses affections guidées par l’intérêt ne m’intéressent guère. De plus, je n’aime pas les manières de la mère et de la fille, ainsi que leur façon d’évoluer dans un monde où les apparences valent mieux que les qualités de cœur.

    Vous pourriez respecter au moins le remariage de votre père en donnant son titre légitime de noblesse à la comtesse Édith de Rubens.

    — Ce titre de noblesse, comme vous dite, est celui de ma mère Daphné de Rubens. Il n’est nullement question que j’accepte cette usurpatrice comme étant la deuxième comtesse de Rubens. Je ne puis supporter d’avoir une telle belle-mère qui ne m’aime pas et que je n’aime pas non plu, d'ailleurs ! Je ne puis lui attribuer ce titre qu’elle s’est approprié d’une manière extrêmement sournoise et peu conforme aux usages établis

    — Pensez-vous que c’est en vous conduisant comme vous le faites, que vous obtiendrez les faveurs de votre père et de Mme la comtesse ? Il vous faudrait changer d’attitude, ma cousine !

    — Là ne sont pas mes intentions, mon cousin...

    4

    sceau copyright

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes .Page -3-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -5- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :