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    vous êtes bouleversée, mon enfant, et je comprends votre chagrin. Que vous soyez choquée et révoltée, ça aussi, je le comprends. Pardonnez-moi, Isabelle. Mais votre père ne... votre père ne voulait absolument pas que vous soyez au courant de la fin horrible de votre mère...

    Oui ! Je sais ! Il vous avait interdit et vous interdit toujours de me tenir au courant de bien des choses qui pourraient me concerner ! J’en ai assez de ses interdictions et de ses reproches ! Il ne me fait appeler que pour que sa femme ait la joie de me reprocher ma conduite envers elle ou sa chère fille. Cette femme est d’une ignoble cruauté et sa fille la suit de près ! C’est peu de le dire ! Elle m’a fait mal en se réjouissant de ma surprise et de ma peine qui devait se lire sur mon visage lorsqu’elle s’est fait un plaisir de me dire la vérité sur l’accident de mamanC’est vraiment là que j'ai découvert cette personnalité malsaine qu'elle cache si bien sous des mimiques doucereuses :  Elle aime se réjouir impunément du malheur des autres. Malgré ma peine, je viens de me rendre compte que cette peste de Ludivine, bien malgré elle, ma rendu un grand service en voulant me faire souffrir. Ce que je viens d’apprendre m’a éclairé sur certains points qui m’étaient restés obscures étant trop petite pour réaliser les véritables raisons concernant l’absence de maman. Je suis plus à même de me conforter dans ce que je soupçonne ; mais elle n’aura pas le dernier mot sur moi ! Je saurais surmonter mon chagrin. Ne me cachez plus rien Adélie. Je veux tout savoir sur ce qui concerne ma chère mère. Je vous dis qu’il y a quelque chose de malsain dans ce supposé accident ? Vous savez, Adélie, ce que je pense de tout cela.

    Depuis cet instant fatal où la jeune adolescente avait appris la mort tragique de sa mère par la comtesse Ludivine, de Richemont, elle considérait la pièce d’eau comme une sorte de lieu de pèlerinage. Elle se devait de venir, chaque fois que cela lui était possible, s’asseoir dans l’herbe, devant l'étang. Elle repensait à sa mère morte, bêtement, noyée, sans personne pour la secourir. Elle imaginait la scène tout en frissonnant d’horreur. Quelle mort affreuse ! Pensa Isabelle. Comme elle a dû avoir peur avant de s’enfoncer définitivement dans l’eau froide, sombre et profonde et surtout dans le noir complet de la nuit déjà bien avancée. La blondeur de sa chère mère aux grands yeux pensifs dont le portrait ornait sa chambre, lui faisait penser à son contraire aux cheveux diaboliquement noir corbeau qu’elle ne supportait pas. Le portrait de sa mère était l’unique lien qui la reliait à elle. Tous les soirs et chaque matin à son levé, Isabelle lui parlait. Elle sentait que sa mère la protégeait et l’aimait. Daphné et Isabelle, par l’intermédiaire de ce tableau, n’avaient jamais été vraiment séparées.

    Il existait, au bord de cet étang, un vieux pavillon à demi ruiné par l’humidité et le manque d’entretien ; mais qui avait conservé les lignes élégantes des constructions du 18 ème siècle. A l’intérieur, régnaient encore quelques-unes des boiseries sculptées et recouvertes d’une fine couche d’or presque effacée, avoisinant avec de fines peintures dont on l’avait autrefois décoré.

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