• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -37-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Ce qu’Isabelle venait d’apprendre jetait en son âme une horreur tragiquement douloureuse. Elle se précipita dans la cour, entra comme une folle chez Adélaïde, et lui cria :

    — Pourquoi ne m’avez-vous pas dit que ma mère s’est noyée dans l’étang ? Je comprends la raison pour laquelle vous me répétez sans cesse de ne pas m’approcher des bords où se trouvent ces maudits nénuphars ! J’attends une explication !

    Adélaïde, interloquée par ce que la jeune fille venait de lui annoncer avec tant de violence dans la voix, eut bien du mal à retrouver son calme avant de pouvoir articuler un mot :

    — Comprenez-moi ma chère enfant ! Vous étiez bien trop jeune pour accepter ce malheur ! Qui… qui vous a... a mise au courant de cette... cette tragédie que nous avons tous pris soin de vous cacher le plus longtemps possible ? Pour une fois, je ne pouvais donné tort à votre père qui voulait vous protéger et vous épargner le désarroi d’une toute petite fille : Vous expliquer que désormais, vous ne reverriez plus votre pauvre maman, était trop dur et j’avais ordre de vous cacher la vérité. Daphné s’est noyée dans l’étang-aux-ormes : c’est officiellement un accident, ma chérie ! Il fallait vous préserver le plus longtemps possible de cet horrible drame qui s’est produit, alors que vous n’aviez que six ans.  Cela vous aurait certainement choqué à vie ! Votre père m’avait interdit de vous dire ce qu’il s’était passé. Je pensais, pour une fois, la même chose... Mais, qu’est-ce cette fleur dans vos cheveux ?

    Cela me regarde Adélie !

    Vous avez bravé le sort pour savoir s’il était possible d’en attraper une, alors que le jardin de nénuphars n’est pas si près que cela de la berge ! Votre maman prenait la barque pour aller les cueillir en plein jour, prenant soin de s’habiller en conséquence. Elle ne s’y serait jamais risqué, la nuit tombée.

    C’est justement ce dont j’ai voulu me rendre compte par moi-même, et j’ai compris qu’elle devait se servir de cette vieille barque pour ramasser ces fleurs puisqu’il est impossible de les cueillir de la berge ! J’ai fais ce que je pensais être la manière de faire de ma chère mère et j’ai, à mon tour, pris la barque pour aller jusqu’aux fleurs, mais à la différence qu’il faisait encore jour ! Ma mère n’était pas habillée pour aller à la cueillette de ces fleurs ! Cela me fait poser bien des questions…

    Pourquoi vous faire du mal, Isabelle ? Cela est si loin...

    — Parce que, vous dis-je ! Il est très risqué, surtout la nuit tombée, je dirais même, impossible de vouloir attraper ces fleurs, si belles soient-elles, de la berge ! Je suis convaincue que ma chère mère a été poussé ! C'est un assassinat !

    — Je me suis souvent posé les mêmes questions que vous aujourd’hui quant à la version officielle de sa mort ? Comment aurait-elle pu être aussi inconsciente, et s’aventurer sur ces berges glissantes pour des fleurs déjà inaccessibles en plein jour ? Votre mère était prudente. Elle connaissait le danger. La pleine lune, n’aurait pu lui suggérer l’idée d’essayer ? Elle était très bien trop intelligente pour tenter une telle expérience en pleine nuit. Je n'ai pas osé faire part de mes soupçons à votre père déjà remarié. Isabelle, laquelle des deux vous a mise au courant de la noyade de Daphné. Cette méchanceté ne peut venir que de Ludivine ! Répondez-moi, Isabelle. Est-ce Ludivine ? Elle ne pouvait tenir ce secret que de sa mère ? Elles sont aussi malveillantes l’une que l’autre. Le fiel empoisonne leurs âmes.

    Je ne les craint pas, Adélie ! Tout mal se paie sur terre ! Tôt, ou tard... J’en suis persuadée ! Que ce soit ma belle-mère ou la mesquine Ludivine, elles seront obligées de rendre des comptes à Dieu ! Je n’ai aucune vengeance en mon cœur. Simplement de la rancœur vis à vis de mon père trop faible pour résister à cette odieuse femme... Je n’en veux pas, non plus, à William pour ne pas se rendre compte de la noirceur de l’âme de sa fiancée. Je haie cette d'Argenson ! Heureusement que l’abbé Verges m’aide à évacuer cette haine que je ressens dans la prière et la confession. Je sais que Dieu est là pour veiller à ce que justice soit faite ! Je ne saurais dire comment ; mais je le sens !

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